L'extraordinaire SAMPLER de FL Studio 12 : 7 astuces pour améliorer vos samples

  • Auteur Aristouille
  • Niveau Débutant
  • Créé 28 octobre 2016, 14:09
  • Modifié 28 octobre 2016, 16:44
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Le Sampler de FL Studio... Quand on débute, on se dit que le Sampler, c’est le truc un peu nul qui sert juste à jouer des bêtes fichiers sonores. À côté des sublimes VST de luxe, pleines de boutons et de presets, j’avoue, le Sampler a un côté plutôt cheap.

Mais détrompez-vous. Dans ce cours, on va voir comment utiliser le Sampler pour faire des trucs graves stylés que vous auriez même pas cru que c’était possible en 2016 de les faire avec un ordinateur. On va pimper des samples, yo !

J’utilise ici FL Studio 12. C'est important car beaucoup des fonctionnalités présentés ne sont apparus qu'avec FL 12. Mais Image Line proposant gratuitement les mises à jour de son logiciel à vie une fois qu'on l'a acheté, ça ne devrait pas être un problèmesmiley

Qu’est-ce que c’est donc que FL Studio et comment que c'est que ça marche ? Si vous ne savez pas, allez ici !

J'emploie beaucoup de jargon musical quand je m'exprime, donc si quelque chose n'est pas clair, n'hésitez pas à le demander dans les commentaires, et j'essaierai de vous expliquer au mieux !

Trouver ces fameux samples



Si on veut utiliser le Sampler, il nous faut des samples (logique). Un sample, c’est un échantillon sonore. En pratique, c’est un fichier sonore qui correspond à un son, une boucle mélodique, une note de musique... En se contentant d’assembler des samples, on peut faire une musique entière !

Mais où trouver des samples ? Deux réponses. Soit, vous les fabriquez vous même en mode old-school tmtc à l’ancienne. Soit, vous êtes fainéants (comme moi) et vous utilisez un sample pack.

Télécharger des sample pack



Un sample pack, c’est une sorte de gros dossiers pleins de fichiers sonores assez courts. Ils sont très pratiques car permettent sans trop se casser la tête d’avoir pleins d’ambiances et de sons rigolos. Voilà quelques liens vers des samples packs que je trouve cool.

- Samplephonics (gratuit)
- Puremagnetik (quelques trucs gratuits)
- Ceux de Native Instruments pour Maschine (payants mais très bons)

Ce ne sont bien sûr pas les seuls, n’hésitez pas à fouiller sur google. Notez que tous les samples packs ne s’appellent pas en réalité vraiment comme ça, parfois “soundbank”, “soundpack”, “loops”, etc. Pourquoi pas vous même, après avoir appris comment faire dans ce tutoriel, partir disséquer des musiques pour en récupérer les précieux samples ?

Importer vos samples dans FL Studio



Commencez par vous créer un gros dossier “MES SUPER SAMPLES” dans Mes Documents, par exemple. Dans le dossier “MES SUPER SAMPLES”, extrayez le contenu des sample pack que vous téléchargez. Si parfois il y a plein de sous dossiers bizarres dont vous ignorez à quoi ils correspondent, ne conservez que l’endroit de votre sample pack où il y a plein de fichiers sonores (.wav, .aac, .mp3...). Si vous comprenez à quoi ils correspondent, gardez-les, alors.

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Exemple ici avec 513 free drums de Samplephonics. Je ne conserve que le dossier “Samples” que je mets dans mon dossier “MES SUPER SAMPLES”. Pensez ensuite à renommer ce dossier "Samples" plus explicitement smiley

On va rajouter un raccourci vers notre dossier "MES SUPER SAMPLES" dans la fenêtre Browser de FL Studio. Ça nous permettra de moins se prendre la tête pour choisir un sample et le rajouter. Dans la fenêtre du Browser dans FL Studio (Alt+F8 pour l’ouvrir) cliquez sur la petite flèche dirigée vers le bas tout en haut à gauche, choisissez “Configure Extra Folders”.

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Dans la nouvelle fenêtre, cliquez sur un petit dossier à gauche dans la liste, et indiquez le chemin vers “MES SUPER SAMPLES”.

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Maintenant, qu’on a bien rajouté un raccourci vers notre dossier, vous remarquerez qu’on a accès à toute l’arborescence du dossier et aux fichiers qui sont à l’intérieur. Quand vous faites un simple clique gauche dessus, vous pouvez entendre le sample. N’hésitez pas à cliquer sur plein de samples à la suite pour les écouter avant d’en choisir un.

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Pour intégrer un sample à notre projet, vous cliquez-déposez avec le clic gauche le sample dans le Channel Rack ou dans la Playlist, au choix.
- Si c’est un truc genre percussion ou note de musique, pour lequel vous aurez besoin de dessiner un pattern ou du piano roll, choisissez le Step Sequencer.

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- Si c’est un son que vous n’utilisez qu’une seule fois dans votre piste, ou que vous avez besoin ensuite de caler précisément ou de redécouper (on verra ça) choisissez la playlist. À noter que votre son “existe” malgré tout dans votre Step Sequencer, mais avec un peu moins d’options.

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Lorsque vous glissez-déposez un sample dans la Playlist, votre Channel Rack bascule pour n’afficher que les “Channel” de type “Audio”. Pour retrouver toutes vos précieuses VST que vous avez ajouté précédemment, cliquez sur le petit menu déroulant en haut du Channel Rack.

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Si votre sample est le son d’un instrument de musique, ouvrir le piano roll vous permettra de lui écrire une mélodie. La VST sampler pitche automatiquement les demi-tons, c’est-à-dire qu’à partir d’une seule note de musique, vous pouvez avoir toutes les autres ! C’est très pratique.

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Voilà ! Vous avez un sample pack, vous savez l’intégrer à votre workflow, vous savez ajouter des samples. Le cours pourrait s’arrêter là.

Oui mais non. Car les sample pack c’est cool... Mais les utiliser tel quel, franchement, c’est plutôt la loose ! Si vous vous contentez d’aligner des samples pour faire vos musiques, vous aller sonner comme n’importe quel DJ Jean-Kevin, et ça, ça craint du boudin ! Ne faites jamais ça à la maison !

C’est pour ça que maintenant on va voir une série d’astuces sur comment pimper vos samples pour en faire des trucs de ouf.

Astuce numéro 0 : Rajoutez des effets à vos sons.



C’est tout l’intérêt de la Musique Assistée par Ordinateur ! Je vous renvoie à mon autre cours là dessus.

Un sample tout seul sonne souvent un peu tristoune, ou bien s'intègre mal à votre mix. Pensez à bien vous les approprier en leur rajoutant des effets smiley

Astuce numéro 1 : Combinez vos sons.



C’est l’astuce la plus simple. Mais c’est aussi celle qui devrait guider votre état d’esprit. On ne cherche pas le son, mais du son.

Écoutez un sample non pas en tant que totalité, mais en tant que future partie d’un tout. Un kick tout seul peut être nul comme du caca de vache. Mais si on le rajoute à 3 autres kicks, vous pourrez avoir exactement ce que vous cherchez.

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Les samples ne sont pas des statues, mais de l’argile. Ce son de violon peut sonner complétement cheap. Mais avec un orgue, quatre trompette, et plein de reverb, l’ambiance est exactement celle que vous le vouliez. De même, ce kick avec ce violon, etc.

Astuce numéro 2 : Pitchez vos sons.



le potentiomètre PITCH



Pour cela, on utilise le potentiomètre PITCH en haut à droite du sampler. Le numéro à droite du potentiomètre indique l’amplitude du PITCH, c’est-à-dire jusqu’à combien de demi-tons le potentiomètre PITCH pourra aller sur le sample.

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Quelques valeurs utiles : 12 demi tons font une octave (Do grave→Do aigu). 7 demi tons font une quinte (Do→Sol). 5 demis tons font une quarte (Do→Fa). 3 demis tons font une tierce mineure (Do→Mi bémol).

Vous remarquerez avec stupéfaction que 90% des caisses claires et des hit-hat sonnent bien plus hip-hop si on les pitch down (si on diminue leur tonalité vers le bas), et plus folk si on les pitch up.

Les automations



Un truc super cool à faire ensuite, c’est d’ajouter une automation (automatisation) sur le pitch. C’est-à-dire, faire, au court de votre morceau, se tourner le bouton PITCH tout seul. Pour créer une automation, faites un clique droit sur le bouton dont vous voulez une automation, et sélectionnez “Create automation”. Par défaut, une automation sera créée sur la Playlist dans toute la zone de temps sélectionnée. Pour dire à l’automation “comment le bouton va bouger”, vous placez des points sur la courbe avec clique droit, et les déplacez avec le clique gauche. Pour en supprimez un, faites clique droit dessus et choisissez “Delete”.

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Une automation de pitch sera liée à l’amplitude de pitch qui était définie lorsque vous l’avez créée. Si vous l’avez créé lorsque l’amplitude du pitch était 2, alors ses points extrêmes seront 2 et -2, même si vous changez l’amplitude du pitch après coup. Pour changer les extrêmes dans l’automation, vous devrez recréer une nouvelle automation.

En général, ce genre d’automation marche très bien avec des mouvements uniforme du pitch sur des percussions. Un exemple connu est celui d’une caisse claire qui accélère avec une automation qui la rend de plus en plus aigue.

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Mais vous pouvez appliquer de manière générale cet effet (qui fait très “DJ”) à tout type de sample. Il y aura un côté irréaliste parfois très sympa.

Astuce numéro 3 : Accordez vos instruments.



Peut-être une évidence pour certains, mais en tout cas c’est absolument nécessaire.

Indiquer la "root note" au sampler



Lorsque vous utilisez le sample d’une note de musique (par exemple, le sample d’une note de trompette), il faut indiquer au Sampler quelle est précisément cette note de musique. Le Sampler suppose par défaut que cette note racine (root note) est un Do. Mais si la trompette joue un Fa#, il faut le dire au Sampler !

Dans le Sampler du sample, allez dans l’onglet “Miscellaneous fonctions” (clef à molette), et cliquez DROIT dans le petit clavier tout en bas sur la bonne note à laquelle correspond le sample. Si vous faites une bêtise (par exemple, faire un clic gauche au lieu d’un clic droit...), cliquez sur le petit bouton Reset en bas.

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Au fait, Quelle note est jouée par le sample ?



Comment connaître la note qui est jouée dans mon sample ? Souvent dans les sample pack, cette information est donnée dans le nom du fichier (en général en notation anglaise, C=Do, A=La, etc.).

S’il n’y a rien marqué du tout, deux solutions :
- Solution manuelle, dite “solution du galérien” : vous demandez à votre pote qui a l’oreille absolue / vous essayez de deviner en jouant d’un instrument à côté / vous vous réveillez en pleine nuit en sueur avec la réalisation que ce sample est en Do mineur / etc.
- Solution automatique, dite “solution de l’assisté” : petite manipulation. Cliquez droit sur le spectre du sample dans le sampler et choisissez Edit.

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Le sample s’ouvre dans la VST “Edison” installée par défaut avec FL Studio. Cette VST est assez complexe et pourrait faire l’objet de tout un guide. Pour ce qu’on a besoin, faits un clic gauche sur ce petit bouton et choisissez “Detect Pitch Regions”

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La VST Edison indique ensuite les notes qu’elle a détecté. Ici, en l’ocurrence, c’est un A#, donc un La Dièse. Il n’y a plus qu’à l’indiquer au Sampler comme on l’a vu auparavant !

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Si ça ne marche pas, retournez à la “solution du galérien”. C’est ça aussi la musique, il faut entraîner son oreille.

Accordez vos percussions !



Les percussions doivent aussi s’accorder dans la tonalité du morceau, en théorie. Rien d’obligatoire en soi, mais souvent ça sonne beaucoup mieux. Mention spéciale pour le kick 808, qui aura vachement plus de peps si vous le mettez dans la même tonalité que votre morceau.

Le piano roll



Après cela, vous pourrez utiliser le Piano Roll pour écrire votre mélodie qui sera joué par votre sample.

Il y a un bug, quand j’écris une mélodie, la hauteur de ma note ne change pas ! Vérifiez dans l’onglet “Miscellaneous Options” (clef à molette) que la case “Enable main pitch” est bien cochée. Si le problème persiste, c’est souvent dû au fait que le Sampler “bloque” votre son pour ne pas changer son tempo (on verra ça) car il croit que vous le lui avez demandé. Pour cela, ouvrez le Sampler, faites un cliquez droit sur le bouton TIME dans la partie “Time Stretching” et choisissez “(none)”.

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Astuce numéro 4 : Jouez sur l’enveloppe de vos sons.



Rangez vos timbres, je parle ici de l’Attack, du Decay, du Sustain, et de la Release, en particulier du volume. C’est beaucoup de jargon mais en réalité c’est très simple.

L'enveloppe du volume



Ouvrez le Sampler, allez dans le deuxième onglet “Envelope/instrument settings”, soyez certain de bien être dans le sous-onglet “Volume”, puis cochez la case “Envelope”. Vous pouvez désormais jouer avec les différents potentiomètres.

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Un peu de théorie. Imaginez que lorsque le Sampler joue votre sample, il tourne le bouton Volume à différents moments à différentes vitesses et de différentes manières.
- Au tout début, il va le tourner le bouton volume depuis 0 jusqu’au max en une certaine période de temps : c’est l’ATTACK.
- Puis, il va rester un petit moment au max sans toucher à rien. À chaque fois, c’est obligatoire. Pour le kiff. Cette période de temps s’appelle le HOLD.
- Après le HOLD, vient le DECAY : le Sampler tourne doucement le bouton volume jusqu’au niveau du SUSTAIN.
- Ensuite, aussi longtemps que la note est jouée, le Sampler garde le bouton volume au niveau du SUSTAIN (on parle donc plutôt de sustain level).
- Enfin, lorsque la note est relâchée, le Sampler continue de jouer le sample et tourne le bouton jusqu’à 0 aussi longtemps que dure la RELEASE.

Je vous invite à bien sûr expérimenter les variations de ces paramètres de l’enveloppe. C’est en fait très intuitif.

Les autres enveloppes



Ce principe d’enveloppe pour les samples existe pour
- la MOD X (qui correspond par défaut à un filtre passe-bas, mais qu'on peut modifier de cette façon])
- la MOD Y (correspond par défaut à la résonnance du filtre passe-bas précédent)
- le PITCH (très cool, mais à utiliser avec parcimonie).
Il suffit de naviguer dans les sous-onglets. N’oubliez pas d’indiquer un AMOUNT !

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Vous devez corriger l'enveloppe de vos samples !



À force de manipuler des samples, vous vous rendrez compte que leur “enveloppe de volume de base” est très rarement celle que vous aimeriez entendre dans votre morceau.

Qu’on soit clair entre nous. Je suis batteur. Approximativement 100% des samples gratuits de batterie qu’on va vous filer sont des déchets complets. Ça fait parti du jeu. Mais retravailler l’enveloppe des sons de batterie change littéralement tout. Vous pouvez transformer la bouse en or. Pour une batterie hip-hop, mettez sur vos éléments une attack et une sustain nulle, un decay et une release minimale. Le son sera bien plus incisif. N’oubliez pas l’astuce 1, et combinez les sons : mélangez des éléments de batterie avec un decay court avec d’autres qui ont un decay plus long. Donnez à chacun leur rôle : certains auront pour rôle de “piquer” l’oreille avec une decay super courte, et d’autres de remplir l’espace avec un decay plus long.

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Sur ce screen, je mélange un kick très court et aigu (qu’on appelle le “kick-head”) et un kick plus long et grave (qu’on appelle “sub-kick”). Individuellement, ils sont très nuls à écouter, mais ensemble une complémentarité se crée. C'est une technique très classique.

À moins de faire de la chiptune hardcore, les enveloppes de vos samples de synthétiseurs sont à retravailler systématiquement. Créez des synthé staccato avec une attaque et un sustain nul, un decay et une release courte. Créez des synthés de type “nappe” avec une attaque longue, un sustain élevé, pas de decay, une release longue. Mixez les différents types d’enveloppe (volume, mod, pitch...) pour avoir un son désarticulé ou progressif qui va réellement surprendre l’auditeur. Ne vous en privez pas non plus sur les instruments réels !

Les loop points



À partir d’un sample de synthé court, il y a moyen logiciel d’obtenir un son de synthé “long”, qu’on pourra utiliser avec du sustain. Déjà, assurez vous d’avoir coché dan le Sampler la case “Use loop points”. La première méthode (un peu nulle) consiste à utiliser le potentiomètre CROSSFADE pour créer à la va-vite ces fameux “loop points”. Vous remarquez désormais que, quand vous maintenez une note, le son de synthé se répète grâce à ce crossfade.

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J'en profite pour vous inviter à tester comment les potentiomètres sur la même ligne que celui du CROSSFADE : vous pouvez rapidement obtenir des changements sur vos samples, pas toujours exactement ceux que vous voulez, mais ça peut donner des idées.

La seconde méthode, consiste à utiliser le VST Edison. Comme dans l’astuce numéro 3, faites clique droit puis Edit pour ouvrir votre sample dans Edison. Sélectionnez (en cliquant gauche sur le tracé de l’onde de votre sample) la partie qui se répétera. Il faut ici être très méticuleux pour sélectionner une partie qui boucle bien, sans aspérités. Cliquez sur le même bouton que dans l’astuce numéro 3, et choisissez “Set loop” (Alt+L). Il vous faut désormais réexporter votre sample en .wav en faisant Ctrl+S.

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Vous pouvez désormais réimporter ce sample via la méthode classique présentée au tout début. Les loop points intégrés dans le .wav diront automatiquement au Sampler comment faire boucler votre sample. Si votre sample boucle mal (typiquement on entend “clic” à chaque répétition), essayez les différentes méthodes de “Declicking” du Sampler. S’il boucle très mal, c’est que vous avez mal mis vos loop points. Mais ça peut être un style smiley

Astuce numéro 5 : Stretchez vos samples.



Certains samples sont en réalité des loops, c’est-à-dire des boucles mélodiques ou musicales assez courtes. Problème : ces loops n’ont pas forcément le même tempo que votre morceau.

L'outil stretch de la playlist



Qu’à cela ne tienne. Ouvrez (par glisser-déposer) ce sample dans la playlist. Par défaut, lorsque l’on édite des samples dans la playlist, cliquer et glisser sur les extrêmités ne fait que “couper” le passage du sample qui est jouée. Mais, si on coche la petite case Stretch :

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Le mode d’édition des samples dans la playlist change. Désormais, on stretch (étire) le sample. Mieux que ça, il est ancré à la grille temporelle. Lorsque l’on augmente ou réduit le tempo, le sample reste fixé sur ses positions. Rien à voir avec avant !

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Si vous connaissez le tempo du sample, on peut changer temporairement le tempo du morceau jusqu’au tempo du sample. Puis, on stretch le sample “sur place”, pour qu’il soit ancré à la grille, mais sans changer véritablement sa durée. Il suffit de faire un petit aller retour : un peu plus long, un peu moins long, c’est bon, il est collé.

Si on ne connaît pas le tempo du sample, il faut le stretcher sur la bonne durée. Si votre sample fait deux mesures, par exemple, il faut stretcher votre sample de telle sorte qu’il soit ancré sur deux mesures.

Le problème c’est que ce n’est pas super précis : on ne peut stretcher que “par acoup”, c’est-à-dire en restant aligné sur la grille. Pour outrepasser ce problème, on zoome à fond en faisant Ctrl+Molette. Une fois que l’on a zoomé au maximum, on a une super grande précision, à la micro seconde près. Pour zoomer verticalement, on aggripe avec le clic gauche les extêmités des titres des Tracks dans la playlist. On peut même alors combiner l’édition de notre sample “stretch” à l’édition “classique” pour nettoyer notre sample.

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La tonalité d'un sample stretché



Avec cette technique, vous pouvez adapter le tempo d’une loop avec le tempo de votre morceau. Mais, vous l’aurez remarqué, la tonalité de notre loop change avec la vitesse (tempo + rapide = tonalité + aigue, et tempo + lent = tonalité + grave). Bien que ça peut donner un certain style pour des loops de batterie, c’est moins évident avec des instruments.

Le Sampler est là pour nous tirer de cette mauvaise passe. Double-cliquez gauche sur votre sample dans la playlist. Faites un clique droit sur le potentiomètre PITCH dans la catégorie “Time Stretching”, et choisissez Reset. Après un petit chargement, le sample est à nouveau dans sa tonalité originelle.

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Vous remarquerez que ce potentiomètre PITCH permet en réalité de choisir la tonalité de votre sample sans changer sa vitesse (contrairement à celui vu dans l’astuce numéro 2). En contrepartie, vous ne pourrez plus utiliser le PITCH “classique” vu dans l’astuce numéro 2.

Ce procédé de stretch est très utile pour les boucles instrumentales, mais aussi pour manipuler les acapellas de rap : la voix du MC a un tout autre style lorsqu'elle est dépitchée une octave plus bas, et accélérée jusqu'à 220 bpm ! Vous pouvez grâce à lui faire des remix très rapidement.

Ce pitch est très fort pour conserver les tonalités, mais est très gourmand en mémoire. Si vous en venez à travaillez avec des samples très longs et très nombreux, cela peut prendre parfois plusieurs minutes, à chaque ouverture de projet, pour que le Sampler pitche vos samples. Un bon conseil est d’exporter ces pistes pitchés en .wav, pour ensuite les réimorter dans son projet en supprimant les ancien samples.

Astuce numéro 6 : Mettez vos sons à l’envers.



Dans le sens, en reverse, comme si on rembobinait une cassette. Petite astuce simple, pour le coup, c’est juste une case à cocher dans le Sampler.

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En général, on utilise les samples en reverse dans la playlist, car on peut alors plus facilement les caler en rythme. Pour les caler très précisément, on utilise Shift+Molette avec le pointeur de la souris sur la barre supérieure du sample pour le déplacer très doucement dans la playlist. Pour encore plus de précision, on peut zoomer à fond avec Ctrl+Molette.

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Une crash en reverse accolée à une autre crash en sens normal est une autre technique de transition classique. Le piano en reverse a un côté onirique qui marche très bien.

Pensez à stretcher vos sons en reverse avec l’astuce 4. Souvent, on préfère les sons en reverse plus lents. Ou bien, qu'on n'entend que durant cette période exacte, etc.

Si vous voulez faire des “drop”, les samples de clap (d’applaudissement) en reverse pourrons vous être utile. Une astuce classique consiste à mettre un clap en reverse qui se termine juste avant le quatrième temps. Sur le quatrième temps, on joue un snare. On aboutirait au montage suivant (que vous avez certainement déjà entendu). Essayez de le reproduire !

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Astuce numéro 7 : Pratiquez le microsampling.



C'est quoi le microsampling ?



Dernière astuce et non des moindres. On pourrait écrire des articles entier sur le microsampling (ce que j’ai fait). Mais pour résumer, cela consiste plutôt qu’à réutiliser un sample, à le redécouper en pleins de petits microsamples, qui serviront à reconstituer une mélodie. Par exemple, à partir d’une loop de batterie, vous pouvez y “microsampler” le son du hit hat, du kick, et du snare, et recomposer un pattern de batterie radicalement nouveau. On peut imaginer la même chose pour une mélodie de piano.

Cette technique aux possibilités quasi-infinies (rien que ça !) est permise grâce à l’outil "Slice" ou cutter (raccourci : touche "C") utilisé sur nos samples dans la Playlist. On zoome à fond avec Ctrl+Molette, on fait des incisions précises sur le samples. On repositionne ces micro-samples, si besoin est en les faisant glisser doucement en utilisant Shift+Molette sur le haut du sample. Je vous laisse découvrir ce que fait Shift+Molette sur le tracé de l'onde du sample lui même. On peut redimensionner le sample très précisément lorsque l’on a le zoom maximum par la méthode classique, en sélectionnant le bord de notre sample (avec le stretch de l’astuce 4 désactivé).

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Glitchs et Chops



Le plus grand défi est de réarranger ces microsamples d’une manière cool. Si vous n’avez pas d’idée, vous pouvez vous contenter de pimper les samples en créant des sortes de “glitchs” (distorsions) ou “chops” (découpes). Cela se fait en répétant le début d’une note de votre sample plusieurs fois. Bien utilisé, ça sonne étonnamment très bien. Alternativement, vous pouvez aussi complètement enlever une partie du sample et laisser un silence, ce qui peut rajouter véritablement une dynamique. FL est capable de manipuler des samples très, très courts, et pourtant audibles : mettez cela à profit.

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Isoler des microsamples



Lorsque vous pratiquez le microsampling, vous auriez parfois besoin d’isoler un microsample pour lui apporter un traitement spécifique (que ce soit via le Sampler ou via des effets). En cliquant sur la petite barre en haut de votre sample, cliquez dans le menu sur “Make Unique” : votre micro sample deviendra complètement indépendant de tous les autres (ce qui n’était pas le cas avant).

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Si vos amas de microsamples commencent à devenir vraiment trop complexes pour votre ordinateur, n’hésitez pas à les exporter au format .wav et à les réintégrer à votre morceau sous cette forme uniquement, pour permettre à votre bécane de souffler un coup.

Le microsampling est très utile lorsqu’on cherche à faire des remix originaux ou réutiliser seulement une partie d’un sample de votre sample pack (extraire une seule note d’une mélodie, par exemple). Par ailleurs, sur chacun de ces microsamples, vous pouvez très bien utiliser à bon escient les 5 astuces présentées précédemment smiley

Conclusion : le sampler c’est très cool.



Souvent un peu délaissé par le débutant qui n’y voit qu’une sorte de VST du pauvre, le Sampler est en réalité l’outil le plus puissant et le plus versatile intégré avec FL Studio.

J’espère que ce tour d’horizon de ses capacités, que j’ai essayé de faire de façon pratique et didactique, vous permettra de percer de ouf dans le music-game et de gagner un max de thune en devenant DJ à Ibiza.

Aller plus loin ?



Au fait : les sample pack c’est bien. Mais parfois, prendre directement des bouts de musique, c’est mieux.

Créez vos propres banques de samples à partir de musiques que vous écoutez. Cherchez les batterie que vous aimez, les synthés que vous aimez, les loops que vous aimez... Et puis ensuite, charcutez les complètement dans FL Studio, faites en sorte que ces samples soient “les vôtres”.

Car il n’y a rien de mieux que de s’approprier ce que l’on aime.