Le travail de la guitare en autodidacte

  • Auteur manouzot
  • Niveau NC
  • Créé 09 septembre 2015, 14:21
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Sommaire
    La question de la progression à la guitare est un thème récurrent chez le guitariste autodidacte de niveau moyen.
    L’absence de cours particuliers avec un professeur se fait cruellement sentir et les progrès très nets des débuts laissent bien souvent place à des années de stagnation, et par conséquent au découragement.
    On se retrouve à jouer éternellement les mêmes morceaux, et en proie aux mêmes difficultés.
    Alors, soyons d’accord dès le départ, l’idéal est de jouer, jouer et encore jouer.
    Avec un programme de 10h par jour, c’est prouvé scientifiquement, on progresse !
    Mais dans l’écrasante majorité des cas, nous avons une vie palpitante, un emploi à plein temps, une famille ou tout simplement des obligations.
    Tout cela ne nous laisse que peu de temps pour nous exercer.
    Après une journée bien remplie, difficile de trouver la motivation ou la force pour aller gratter lorsqu’un canapé confortable nous fait les yeux doux.
    Face à cette situation (que je connais très bien), je vous propose dans cet article quelques pistes, quelques idées, fruit de ma petite expérience et de mes lectures sur le net et dans des magazines spécialisés, et qui sont susceptibles de vous aider à vous faire progresser vous aussi.

    Jouer peu mais régulièrement.

    Il faut jouer tous les jours.
    Plus facile à dire qu’à faire. Et pourtant pas de secret, il faut jouer le plus régulièrement possible, quitte à n’en faire que peu de temps. C’est le meilleur remède contre la stagnation. Est-il vraiment inimaginable de dégager ne serait-ce que 30 minutes par jour ?
    Se fixer un programme
    Cela reste encore un des meilleurs moyens de se discipliner. Imaginons qu’on ait que 30 minutes par jour à consacrer à la guitare, et que la priorité soit la technique.
    Il faut diviser ce temps de manière à travailler plusieurs aspects de son jeu, par exemple : 5 mn d’aller-retour
    5 mn de sweeping
    5 mn de legato
    5 mn d’arpège
    Avec l’accordage, l’échauffement et la pause entre les différents exercices, on devrait être à 30 mn.
    A adapter selon le temps disponible et à ce qu’on désire travailler (la technique, l’improvisation, l’apprentissage d’un nouveau titre, etc.)

    Développement de votre vitesse

    Pour développer votre vitesse, le secret c’est …. d’aller vite ? Non !! c’est de jouer lentement, le plus lentement possible au début et d’augmenter votre vitesse petit à petit. Pour vous y aider, utilisez un métronome et commencez par le régler sur 15 bpm (ce qui revient au même que de le régler sur 60 bpm et de faire chaque note sur 4 clics).

    Développement d’une nouvelle technique

    Comme pour la vitesse, quand vous voulez développer une nouvelle technique, commencez par jouer très doucement. Inutile de vouloir maîtriser la technique en 1 heure. Faites plutôt 5 minutes par jour pendant 2 semaines ou plus en vous concentrant bien sur la réduction des tensions et le développement du bon mouvement. Il est important de répéter le plus souvent possible, le bon mouvement pour qu’il devienne ensuite automatique.

    Prenez le temps de jouer lentement

    Prenez le temps de jouer lentement. Cela ne sert à rien de commencer un exercice avec un tempo de 240 bpm. Il est beaucoup plus efficace de commencer à jouer très lentement (15 bpm par exemple) pour que le cerveau enregistre bien les mouvements. Ensuite, petit à petit, au fur et à mesure que vous serez de plus en plus à l’aise, vous augmenterez le tempo. Ne faites pas, l’erreur de très nombreux guitaristes font : celle de vouloir jouer trop vite trop tôt.

    Développement de votre oreille

    Pour le développement de votre oreille, si vous n’avez pas déjà l’oreille absolue, il faut aussi prendre son temps. (je suis encore très loin d’avoir une bonne oreille, l’oreille absolue, je n’en parle même pas). Faites des exercices, restez zen, et petit à petit vous progresserez. Je vais bientôt construire un cours pour vous aider (vous, les guitaristes) à développer votre oreille.

    La séance live

    Cette séance peut tout à fait rentrer dans le cadre d’un programme : régulièrement, une petite séance avec 5 ou 6 backing tracks de morceaux déjà maîtrisées ou en cours d’apprentissage (à mélanger) et quoiqu’il arrive, aller jusqu’au bout sans s’arrêter, un peu comme dans les conditions d’un concert.
    Plaisir garanti !

    Prenez le temps de vous détendre

    Un autre conseil très très très important, lorsque vous jouez et que vous vous entrainez, prenez le temps de vous détendre, de diminuer les tensions qui sont dans votre corps. Ces tensions sont très dangereuses car non seulement, nous n’en avons, la plupart du temps, pas conscience, mais en plus, elles nous empêchent de progresser et de bien jouer. Prenez donc le temps de parcourir consciemment vos muscles et de réduire au maximum les tensions qui s’y sont installées.

    Pallier le déficit de répertoire

    Pour éviter de toujours jouer la même chose, il n’y a pas 36 solutions, il faut apprendre du neuf.
    Pour cela, il faut trouver un nouveau titre à apprendre et qui remplit les deux conditions suivantes :
    il correspond à un cap de niveau, c’est à dire qu’il doit être suffisamment difficile pour qu’il ne soit pas possible de le jouer correctement pour le moment, mais pas trop non plus pour éviter tout découragement. En gros, on n’attaque pas le solo de Beat It lorsqu’on maîtrise tout juste un riff d’AC/DC.
    La seconde condition est de choisir un morceau apprécié. Ça paraît trivial dit comme ça mais c’est la garantie d’une grosse motivation. Rien de plus lassant que de répéter indéfiniment quelque chose d’imposé, un peu comme au conservatoire. Ici, on ne cherche pas à devenir un virtuose mais à progresser suffisamment pour pouvoir se faire plaisir. Un morceau qu’on aime est fatalement un morceau qu’on a souvent écouté. On l’a donc bien en tête, ce qui facilite l’apprentissage dans le sens où on connaît déjà le résultat final vers lequel tendre.
    Une fois le titre choisi, il faut regrouper tous les éléments pédagogiques disponibles : tablatures, vidéos sur Youtube, etc.

    Se réécouter

    On a la fâcheuse tendance de surestimer ou sous-estimer son propre niveau. Il y a souvent une grande différence entre ce qui est réellement joué et la perception qu’on en a.
    Pour vérifier comment ça sonne, une seule solution : se réécouter, et donc s’enregistrer.
    On peut imaginer plusieurs stratégies : s’enregistrer seul ou en ajout de piste guitare sur un backing track par exemple. Des logiciels gratuits comme Audacity sont très précieux dans ce dessein. Et là, il n’est pas rare qu’on soit réellement surpris par ce qu’on entend. Il faut s’attendre à un coup au moral, mais c’est un bon moyen de corriger des défauts qu’on ne percevait pas auparavant. Cela donne également une meilleure idée de son niveau réel.


    Le métronome, toujours le métronome

    C’est peut-être la chose la moins « sexy » de l’apprentissage mais c’est pourtant incontournable. La partie à jouer est travaillée sur un tempo lent, et une fois qu’elle est maîtrisée, on augmente la cadence. C’est la meilleure façon de progresser et de plus, la mise en place sera impeccable.

    Travailler l’improvisation

    Une fois qu’on connaît ses gammes pentatoniques (par exemple) sur le bout des doigts, travailler l’improvisation est un exercice très formateur. Pour cela, un petit backing track blues (créé maison pourquoi pas) en boucle sur 5 ou 10 minutes et en piste ! Des nouvelles phrases devraient être au rendez-vous et remplaceront les éternels plans identiques de son répertoire.

    Jouer en faisant une autre activité

    Ce n’est bien évidemment pas une approche qui doit être très recommandée … Mais j’avoue avoir progressé techniquement en procédant de la sorte. Un match de foot à ne pas manquer ? Regarder ses séries préférées ? Et hop 1h30 d’arpèges, gammes, exo techniques avec mon électrique, elle ne sonne pas fort sans son ampli, bah on ne voit pas le temps passer. Pourtant l’aspect mécanique des doigts est travaillé. Idem avec un film (pas trop intellectuel) ou des vidéos sur le net. Clairement, c’est toujours préférable que de ne rien faire.

    La guitare toujours à portée de main

    S’il est nécessaire d’aller chercher un étui derrière une armoire, de sortir la guitare qui est totalement désaccordée, de trouver son médiator, etc., il y a une chance sur … une que l’instrument reste là ou il est. L’idéal est d’avoir au moins une guitare à portée de main, prête à être grattouillée quelques minutes à la moindre occasion.

    Jouer avec un autre guitariste de meilleur niveau ou égal

    C’est la voie royale. Une émulation se crée, on échange ses plans, on apprend ...

    L’achat de matériel

    Je le signale tellement l’effet est spectaculaire !
    Une nouvelle pédale ou mieux encore, une nouvelle guitare et nous voilà regonflé à bloc. Inutile de dire que c’est provisoire et qu’il faut le budget pour.

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