Architects - Holy Hell

Lorsqu'un groupe au succès international sort un nouvel album, il y a toujours beaucoup de bruit, de l'excitation, parfois des craintes et souvent beaucoup d'espoir. Mais la hype présente autour de Architects est sans commune mesure avec ce qui se fait habituellement dans la scène metal. Voire au-delà ! Respect. Admiration. Passion. La liste de noms entourant la relation qu'ont les fans avec le quintet british est longue. Pourrait-on y ajouter la déception avec ce disque ? Réponse ci-dessous.

La mort n'est pas une défaite

Le ton est donné dès les premières notes de l'album avec la douceur des violons et la voix venant du fin fond des tripes de Sam Carter : "And I Will Know That Death Is Not Defeat". Ce premier titre nous donne deux indications essentielles pour la suite : d'une part, le groupe utilise sans surprise la musique pour exprimer leur peine et leur deuil via des paroles qui en disent long sur ce qu'ils ont vécu ces 2 dernières années ; d'autre part, contrairement à certaines critiques entendues après la mise en ligne des premiers singles, le groupe ne s'est pas contenté d'utiliser des compositions écrites par Tom pour faire une pâle copie de "All Our Gods Have Abandoned Us" mais bien de continuer son oeuvre tout en apportant de nouvelles choses sans bouleverser ce qu'est devenu Architects depuis 2014.

Le premier de ces 3 singles, HereAfter, arrive justement en seconde position sur ce huitième disque et est un parfait ambassadeur et lien entre "AOGHAU" et "Holy Hell" : 2/3 du morceau ressemble effectivement beaucoup à ce que le groupe faisait déjà mais le 1/3 de nouveautés - parfois fort subtiles - suffit à  comprendre qu'ils continuent à voir plus loin. Et à quoi bon changer complètement une recette qui fonctionne et qui a déjà fait ses preuves ? 

Toutefois, au fur et à mesure que l'on avance sur ce nouvel opus, on se rend bien compte qu'il n'est pas aussi prévisible et que les extraits parus avant la sortie ne sont pas les plus représentatifs. Le but était peut-être de mettre en avant le travail que l'on connaissait de Tom avant de passer réellement au Architects 2.0 sous l'impulsion de Josh Middleton ? Seuls les intéressés sauront répondre à cette question.

Entre douceur et douleur

Le titre éponyme est pleine de mélancolie qui se ressent autant dans la mélodie que dans les paroles criées par Sam Carter. Il fait d'ailleurs parti des morceaux les plus novateurs : que dire de ce final en apothéose mélangeant double pédale, cris de désespoir et ce violon étincelant ? On vous laisse la parole.

La présence de double pédale en mode rouleau-compresseur de Dan Searle, seul membre fondateur encore présent, trouvera d'ailleurs un écho plus imposant sur The Seventh Circle, le morceau le plus surprenant de l'album et qui est d'ailleurs celui qui fait le plus réagir les internautes après seulement quelques écoutes. Et pour cause : aussi court que dévastateur avec ces 109 secondes, on y découvre la partie la plus sombre du groupe à travers le morceau le plus dévastateur de cet album. Les nostalgiques des premiers opus, notamment de "Hollow Crown", s'y retrouveront certainement. 

Loin des titres plus ambiants auxquels Architects nous a désormais habitués, on a droit ici à du rentre-dedans sans fioriture, sans temps mort, sans repos. Il ne manquerait plus qu'un peu de blast-beat. Simple one-shot ou indice sur ce que le groupe pourrait nous offrir par la suite ? Ou du moins, sur ce que le groupe sait encore faire pour rassurer des fans de la première heure ? Ou simplement une façon de faire une dernière fois le tour de tout ce que le groupe a fait avec Tom ? Des questions et sous-questions dont nous aurons peut-être les réponses au fur et à mesure que le groupe se découvrira.

Des indices pour la suite

Un tel album ne pouvait finir qu'en apothéose. Et afin de boucler la boucle, le dernier morceau est lancé à nouveau par des violons décidément omniprésents sur ce "Holy Hell" : très présents mais jamais trop présents. Si la longue montée en crescendo rappelle en partie la structure de Gone With The Wind, A Wasted Hymn rayonne comme une éclaircie sur ce disque de par son côté unique tant musical que lyrique. Une guitare un peu moins présente, des samples remplaçant parfois les instruments, encore ces violons, une structure moins saccadée. Tous des indices pour la suite.

Car une suite, il y en aura tant que les 5 comparses en auront le courage. Les dernières paroles sont assez claires à ce propos : "Maintenant il est temps de couler ou de nager. Je n'ai rien sauf cet hymne perdu. Saint-Esprit, rien ne dure éternellement". Soit on sort la tête de l'eau, soit on se laisse submerger par la tristesse en quelque sorte. Et la musique est définitivement le moyen qu'ils ont choisi pour survivre et, par la même occasion, permettre à l'oeuvre de Tom Searle de survivre à travers eux. A travers nous.

Architects auraient pu arrêter leur carrière en 2016 mais ils ont décidé de continuer et on ne peut que les remercier mais également les féliciter pour avoir sorti un nouvel album de si haut niveau ! Respect. Admiration. Passion. La liste de noms entourant la relation qu'ont les fans avec le quintet british est longue. Pourrait-on y ajouter la déception avec ce disque ? Certainement pas. Car pour parler d'amour, il n'y a qu'un pas.