Architects : une séance en 4DX !

VENDREDI 11 JANVIER. Premier concert de l'année. Ou plutôt performance artistique digne d'un film en 4DX. Sans surprise, Architects a bluffé tout le monde. Venus défendre son nouveau chef d'oeuvre "Holy Hell" devant le public belge pour son grand concert en salle jamais joué chez nous, le quintet British avait mis les petits plats dans les grands. Retour sur cette séance impériale où il ne manquait, à quelques détails près, que le pop-corn !

"La technologie innovante 4DX vous offre l’expérience cinéma la plus aboutie qui soit. Cet équipement de haute technologie associe les mouvements des sièges montés sur vérins à des effets sensoriels spéciaux tels que le vent, la pluie, l’orage, le brouillard, la neige, la fumée, les odeurs et la lumière en parfaite synchronisation avec les actions du film à l’écran. Venez découvrir ces sensations uniques au Kinepolis de Bruxelles, d’Anvers et d'Hasselt, en exclusivité pour la Belgique. Nos salles 4DX vous aspirent au cœur de l’action, des tornades aux courses poursuites. Ressentez la vitesse, la tempête qui fait rage ou la fine pluie sur votre visage et le vent frais dans vos cheveux. Sentez l’odeur des fleurs des champs. Flottez sur l’océan… Tous vos sens sont en éveil.". Voilà comment Kinepolis présente ses séances en 4DX. Et ce 11 janvier, nous avons enfin pu le tester, à notre grande surprise !

Nous nous dirigions vers la Lotto Arena pour le premier concert de l'année avec une line-up ô combien prometteur. Du lourd sur le papier qui attendait donc confirmation en live car il faut bien l'avouer : depuis que l'affiche a été dévoilée, cette date en fait saliver plus d'un ! Et c'est Polaris qui avaient donc la lourde tâche d'ouvrir les hostilités et, en même temps, cette nouvelle année de concert pour un bon nombre de personnes présentes. Un challenge relevé haut la main pour ces jeunes Australiens dont la popularité monte en flèche et qui seront sur la plupart des festivals européens typés metal cet été. Un court set de 30 minutes qui aura parfois sonné un peu froid ou vide mais cela était plus une conséquence de la taille imposante de la salle à moitié vide (ou du moins, à moitié utilisée) que de l'ambiance du concert où le public leur a offert un accueil honorable pour une première partie ouvrant un concert en plein hiver ! Une chose est sûre : s'ils continuent sur cette lancée et confirment avec leur prochain album, on entendra parler d'eux pendant un bon moment.

Place ensuite à la seconde partie et qui ressemble à une ouverture de luxe avec ni plus ni moins que Beartooth qui en profitent également pour promouvoir un nouvel album, "Disease", sorti en septembre dernier et largement plébiscité durant nos MusicAll Awards 2018 ! Mené par Caleb Shomo, qui vient seulement de fêter ses 26 ans et a déjà derrière lui une carrière longue comme le bras, les Ricains continuent de grimper les échelons à vitesse grand V. Plus rock'n'roll que jamais, 2019 sera à coup sûr également leur année et leur concert de ce soir l'a prouvé : 45 minutes intenses, 9 morceaux reprenant leurs 3 albums (4 pour "Disease", 2 pour "Agressive" et 3 pour le tout premier, "Disgusting"), une grosse partie du public suivant à la lettre les directives de Caleb et un petit solo de batterie pour remettre de l'ambiance. Et si les 4 titres choisis du nouvel album ont fait mouche, le morceau qui aura gagné à l'applaudimètre est certainement The Lines, un des premiers classiques de la formation. Bref, un son aux petits oignons, une performance sans redondance et un groupe qui a le vent en poupe : vivement le Graspop où on verra sûrement un groupe encore au top !

Set-list : Bad Listener, Agressive, Hated, You Never Know, The Lines, Manipulation, Body Bad, In Between, Disease.

Copyright : Ed Mason.

Un petit tour au bar et on retourne dans la salle pour la performance tant attendue par quelques milliers de personnes : à la louche, entre 3000 et 4000 (ndlr. La Lotto Arena a une capacité de 5218 lors d'événements sportifs mais jusqu'à 8050 lors de concerts). Et alors que l'on pensait retourner dans la même salle, on s'est bizarrement retrouvé au Kinepolis à près de 3km de là pour une séance en 4DX... L'expérience cinéma la plus aboutie qui soit, comme ils disent. Et effectivement, tous nos sens ont été mis en éveil : notre vue a été le sens le plus satisfait tant les effets de lumière étaient magnifiques ; notre ouïe a été un poil déçu mais cela venait plutôt de la configuration de la salle (puis le son va souvent un peu trop fort au cinéma) mais la performance des musiciens était resplendissante ; le toucher a également été fort plébiscité tant la proximité avec les autres spectateurs était grande mais cela rajoutait du piment à l'expérience que l'on était en train de vivre, surtout lors du lâcher de confettis sur le final ; l'odorat a été moins sollicité, ce qui n'a rien d'étonnant, mais le service-minimum était toutefois de rigueur pour une immersion totale et nous avons donc pu sentir une petit odeur de brûlé par moment lors des effets pyrotechniques ou également si un voisin buvait un peu de bière ou avait d'un coup trop chaud (la proximité rajoute un côté chaleureux mais peut avoir quelques défauts) ; le goût, enfin, est le sens le moins nécessaire car par utilisé directement mais disons que le goût de la boisson bue durant cette performance fait partie de l'ambiance et on ne s'en plaindra pas !

Qu'en est-il des sièges puisqu'on nous dit dans la publicité qu'il y a des mouvements de sièges ? A ce niveau-là, bilan mitigé. Vous aviez 2 choix possibles : soit une performance un peu roots et donc, sans siège, debout presqu'au niveau de l'écran ; soit sur des sièges qui finalement, à part un peu de raisonnance, ne bougeaient pas mais on a réglé le problème nous-mêmes en bougeant sur ces sièges immobiles (oui, on a choisi la version assise).

Copyright : Cardinals Media.

Le synopsis pour cette séance donnait l'eau à la bouche. Extrait choisi de Live Nation : "Un son puissant, une voix incroyable, des riffs de guitares forts et de subtiles compositions". Un peu sommaire mais ce n'est pas plus mal : le but est garder la surprise sur tout ce qui nous attend. Un son puissant ? Oui. Une voix incroyable ? Oh oui. Des riffs de guitares forts ? Evidemment. De subtiles compositions ? Bien sûr. Bonne nouvelle donc : on ne nous a pas menti sur la marchandise ! 

Pendant presque 90 minutes, on a littéralement pris notre pied. Les 5 acteurs ont parfaitement joué leur rôle : Adam Christianson et Alex Dean, discrets mais toujours aussi efficaces ; Dan Searle toujours aussi violent mais précis en tant que chef d'orchestre posé, tantôt dans l'ombre, tantôt dans la lumière ; le petit nouveau Josh Middleton, qui ne fait pas parti de la famille de Kate Middleton mais qui nous a sorti un jeu royal ; enfin, Sam Carter, alias Mister Blegh, en pleine forme et qui a, presque toujours, su résister aux émotions malgré son rôle compliqué. Mais une telle performance ne se limite à ces 5 hommes : il faut également féliciter l'équipe technique qui a travaillé tout autour. Au niveau des lumières, rien à dire, on a comme toujours avec eux frôlé la perfection : "la lumière en parfaite synchronisation avec les actions du film à l’écran", ceci était tout sauf une publicité mensongère. Pour le son, on sera un peu plus difficile : oui, c'était bon mais ce n'était pas presque parfait comme on en a eu l'habitude. 

Le fil conducteur était, lui, idéal mais avec ses quelques bonnes surprises alliant parfaitement action, thriller, drame et même une petite touche de comédie sur la fin, on y reviendra. L'introduction n'a surpris personne : Death Is Not Defeat, premier titre de "Holy Hell" a lancé les hostilités. Cette dernière composition, "Holy Hell", prendra d'ailleurs presque la moitié de la soirée à elle seule. Mais à raison. Le spectacle de ce soir est tout de même le "Holy Hell Tour", première version. La seconde version devrait d'ailleurs avoir lieu non plus à Anvers mais à Dessel cette fois et l'été, plus l'hiver.

Copyright : Ed Mason.

A chaque morceau de Architects, les milliers de fans répondaient présents mais entre, cela manquait un peu d'ambiance. Pourtant, l'histoire proposée était idéale. Petite déception ici donc mais les 5 Britanniques auraient-ils pu faire quelque chose pour arranger la situation ? Pas sûr. Ils en avaient déjà fait beaucoup. De Modern Misery à la note de nostalgie signée These Colours Don't Run en passant Royal Beggars ou A Match Made In Heaven, le talent était bien là. Et sur la fin, on a même eu droit à quelques contre-pieds bien pensés. Tout d'abord, Memento Mori en annonce du final du spectacle : une version courte mais tout feu tout flamme. Suivi ensuite de Gone With The Wind que l'on attendait en final et non en amont à celui-ci. Sam Carter était d'ailleurs en larme pour jouer sa partie et le public l'a parfaitement remplacé lorsqu'il le fallait. Et avant de conclure, nous avons eu non pas un discours de Sam Carter, d'ailleurs moins bavard qu'à l'accoutumée, mais bien un discours de Dan Searle, devenu héros malgré lui de cette troupe depuis la mort tragique de son frère jumeau le 20 août dernier. Un discours évidemment poignant et il était bien dure de ne pas verser, au moins, une larme en l'écoutant et en l'applaudissant : preuve de l'énorme respect qu'avait pour lui chaque personne présente ce soir. Et avant de conclure, Monsieur Blegh, également en larmes, a eu quelques mots à prononcer, avec les initiales de Tom Searle derrière lui, avant d'annoncer qu'ils allaient être à nouveau agressifs pour conclure cette performance 5 étoiles (ndlr. Voilà pour la petite touche de comédie dont nous parlions précédemment). Et c'est donc sur un Doomsday poignant que le rideau est tombé. Fin du spectacle. Tout le monde peut rentrer chez soi avec des étoiles dans les yeux, une larme sur le coin de ceux-ci, de la sueur sur con corps, un coeur brisé et reformé en même temps et, pour ceux qui ont un beau salaire, un petit souvenir acheté au stand de merchandising à la sortie.

Que retiendrons-nous de ce soir ? Que Architects a atteint un niveau que peu, dans ce style, ont atteint avant eux. Que le public a un énorme respect et un amour dingue pour eux. Et que, accessoirement, notre petit pays devrait se doter d'une salle d'une capacité de 4000 personnes pour ce genre de performance car prendre une grande salle pour en fermer la moitié gâche un peu notre plaisir. Mais une chose est sûre : nos 5 sens ont tous été émoustillés et peut-être même le sixième sens officieux, l'intuition ? Car notre intuition a été la bonne : nous avons passé une soirée magique. Peut-être atteindrons-nous à force notre septième sens ? L'ultime cosmos ? Quelque chose nous dit que eux l'ont déjà atteint.

Setlist : Death Is Not Defeat, Modern Misery, Nihilist, Broken Cross, Holy Hell, Royal Beggars, Gravedigger, Mortal After All, Downfall, Naysayer, These Colours Don't Run, A Match Made In Heaven, Hereafter, A Wasted Hymn, Memento Mori, Gone With The Wind & Doomsday.