Bad Omens - Finding God Before God Finds Me

Seulement 5 ans et pourtant, un CV déjà très impressionnant. Dès leurs débuts, Bad Omens ont réussi à sortir leur épingle du jeu, se faire remarquer par Sumerian Records et s'offrir de belles tournées et passages en festivals. Leur premier album éponyme avait fait le buzz dès sa sortie en 2016 et il était temps de passer à la douloureuse étape du second album : confirmer ou doucher les espoirs placés en eux.

Le teasing de ce second opus a duré presque un an entre la sortie du premier single Careful What You Wish For le 23 août 2018 et la sortie de l'album ce 2 août 2019, soit près de 3 ans après le premier disque. Au total, ce sont 4 singles auxquels nous aurons droits en avant-goût et le moins que l'on puisse dire, c'est que nous n'avons pas été déçus pour un sous ! Et l'ordre de diffusion a également été bien pensé. Avec Careful What You Wish For et The Hell I Overcome, Bad Omens nous ont gratifié de deux très bons morceaux qui suivaient parfaitement la ligne de conduite du premier opus tout en apportant quelques touches de nouveautés par-ci par-là : une voix plus naturelle de Noah, une production de meilleure qualité et plus de samples d'ambiance. 

Les deux singles suivants, Burning Out et Said & Done, ont montré une réelle évolution dans la musique de Bad Omens. Burning Out est à coup sûr le gros tube de cet album : mélodie qui reste en tête dès la première écoute, des sing-alongs et une voix de Noah que l'on peut désormais facilement reconnaître. Quant à Said & Done, ils nous offrent un morceau un peu plus rock avec son solo de guitare et ses nombreux envolées mélodiques. Une méthode qui n'est pas sans rappeler un groupe à qui ils ont été comparés dès leurs débuts, notamment vocalement : Bring Me The Horizon. Une ressemblance à laquelle ils arrivent à s'éloigner sans pour autant couper les ponts : la faute au timbre de Noah qui rappelle celui de Old Sykes.

Avec 4 singles, nous connaissions donc déjà près de la moitié de l'album avant même sa sortie. Et si les 6 autres morceaux étaient du même calibre, on tenait là un des meilleurs disques metal de l'année ! Néanmoins, la chanson d'ouverture ne pourrait pas être considérée de metal. Avec des vibes dignes de Linkin Park post-2010 (RIP Chester Bennington), on est en effet loin des riffs tonitruants de Glass Houses qui ouvraient le disque précédent. L'effet est, lui, tout aussi réussi ! Une mise en bouche plus qu'agréable qui confirme ce qui nous était déjà apparu dans les premiers singles : les parties vocales de Noah sont plus mises en avant. A côté de cela, Running In Circles est un très bon morceau mais certainement le point faible de "Finding God Before God Finds Me" car 90% de celui-ci a déjà été fait... par Bring Me The Horizon. Ce titre aurait eu sa place sur "Sempiternal" sans problèmes. A un niveau moindre, les ressemblances entre BMTH et Bad Omens peuvent également s'entendre sur Mercy sans que cela ne gâche pour autant notre plaisir à l'écouter. 

Au lot des bonnes surprises, on notera Dethrone : clairement le morceau le plus brutal de cet opus. Entre des morceaux plus doux avec des refrains en voix claires, les mosh-parts qui rappellent par moment Emmure font plaisir et nous remémorent que Bad Omens est à la base un groupe de metal. L'album, lui, se finit également sur une petite douceur : If I'm There dont la mélodie plutôt joyeuse contraste royalement avec la noirceur des paroles. Un contraste d'ailleurs fort présent tout au long des 10 morceaux. 

Ils ont réussi à se faire remarquer rapidement dans cette sphère metalcore tellement saturée de nos jours et apporter un réel coup de fraîcheur. Déjà capables de composer des tubes en puissance dès leur premier album (The Worst In Me et The Fountain notamment), Bad Omens a récidivé cette année avec un album plus complet, plus abouti, plus mature et avec des vraies perles telles que Burning Out et Careful What You Wish For. Un groupe qui continue son petit bonhomme de chemin à vitesse grand V et qu'il faudra continuer de surveiller de près !