Beartooth - Disgusting

Les restes d’un affreux groupe comme Attack Attack ayant engendré le style du « crab-core » signé le label de Red Bull : c’est le genre de biographie qui ne donne pas franchement envie d’aller plus loin. Si on est fermé d’esprit. Un peu de curiosité, bon sang de bon soir ! Alors on s’ouvre une bonne canette de Monster (parce que, oui, c’est bien meilleur que le Raide Boule et avec un meilleur rapport quantité-prix) et on fonce écouter ça avec nos oreilles bien ouvertes curieux de savoir sur quoi on allait tomber : un peu gluant – dégoûtant (du nom de l’album « Distusting ») ou appétissant ?

Eh bien, quelle agréable surprise ! Dès le premier morceau The Lines et son riff rock’n’roll, on entre directement dedans. Sing-along, riff pour circle-pit à souhait, mélange de cris et voix claires : tout y passe à vitesse grand V et c’est la claque ! Une impression confirmée par le tout aussi énergique mais plus doux dans le chant Beaten In Lips dont le refrain rappelle clairement les beaux jours de Billy Talent. Une référence qui en appellera d’autres dans le reste de l’album tant du côté pop-punk tel qu’All Time Low que de la folie d’un groupe tel qu’Every Time I Die. Car Beartooth, c’est bien ça : une énergie dingue de la première à la dernière seconde avec sa petite touche de folie et surtout une qualité vocable de haut vol, autant en cri qu’en clair. Et pour un premier disque, après un EP sorti un an auparavant, le nombre de tubes est conséquent : Beaten In Lips, I Have A Problem, The Lines, Body Dog notamment. Bref, un tiers de ce premier full-length voire la moitié est impressionnant avec des tubes à la pelle mais derrière, cela manque un peu d’originalité. Ceci s’explique notamment par le fait que Caleb Shomo a composé et enregistré cet album entièrement seul. D’un côté, c’est pratique car il a pu faire ce qu’il voulait et ça s’entend sur ces 12 chansons : il prend son pied. Du moins c’est l’impression qu’il donne. D’un autre côté, il n’avait pas assez de recul pour remarquer une certaine monotonie et certains titres sonnent assez répétitif comme My In My Own Head ou Ignorance Is Bliss.

Quoi qu’il en soit, pour un opus, c’est plus que réussi : Caleb n’étant évidemment pas un novice. Entre riffs typiquement hardcore, breakdowns typé metalcore et un bon mélange entre voix claires et cris, Beartooth a de quoi toucher un public assez large. Enlevez de votre esprit que ce disque est né des mains de l’ancien chanteur d’Attack Attack, que vous aimiez ou non ce groupe, car cela n’a vraiment rien à voir ! Et contrairement à son nom, cet album n'a rien dé dégoûtant, bien au contraire !