Body Count - Carnivore

En 2020, Body Count fête ses 30 ans. Quoi de mieux qu'un album pour fêter cela dignement ? Quoi de mieux encore qu'un très bon album pour fêter ça dignement ? Pas grand chose ! A part peut-être un échec de Trump dans les élections, la fin du racisme, la fin de la violence policière... bref, la fin des problèmes qui détruisent notre monde actuel. Sujets chers à Ice-T et sa bande mais qui devrait l'être pour chaque être-humain sur Terre. Et quoi de mieux qu'en parler à travers la musique ?

Depuis leur retour en 2014 avec "Manslaughter", Body Count s'est rappelé au bon souvenirs des plus vieux d'entres nous mais également appris aux plus jeunes que Ice-T n'est pas seulement acteur dans New York Unité Spéciale. Non, il est avant tout musicien. Et si vous aimez ses skills d'acteur, vous allez adorer ses skills de chanteur et d'écriture !

Sujet récurrent ces dernières années dans l'actualité, pas seulement dans la sphère hardcore, le végétarisme et le véganisme ne sont pas concernés par le titre de l'album. Ni le régime alimentaire carnivore d'ailleurs. Non, il faut le voir comme une métaphore représentant l'être-humain comme étant une créature assoiffée de sang, de violence. Toujours aussi agressif dans ses textes, Ice-T ne s'est - heureusement - pas assagi avec l'âge malgré ses 62 ans bien tassés. Ce disque traite par conséquent du racisme (The Hate Is Real), Trump et les problèmes politiques (Bum-Rush), les violences policières, etc. Tout le monde en prend pour son grade. Et bien évidemment, on ne pouvait pas mettre une douce berceuse derrière des textes si forts. Ce qui n'est de toute façon jamais le cas de Body Count !

Les 10 titres (+1 sur la version bonus) forment un véritable rouleau compresseur de 35 minutes qui passent comme une lettre à la poste ! Car, oui, on tient ici un des meilleurs disques du groupe. Et le meilleur du groupe au XXIè siècle. Des premières notes du surpuissant Carnivore au final de The Hate Is Real, les envies de mosher ne manquent pas. Le style crossover de Body Count a su évolué avec son temps pour proposer un son plus moderne et plus lourd que jamais. 

Devenu une coutume pour Body Count, covers et guests sont au programme. Après avoir sorti des covers de Suicidal Tendencies en 2014 et Slayer en 2017, les Ricains ont cette fois prévu un hommage à un grand Monsieur : Lemmy de Motörhead avec un Aces Of Spades parfaitement repris. Au rayon des guests, on en retrouve 3 au chant : Jasta de Hatebreed sur Another Level, Riley de Power Trip sur Point The Finger et Amy Lee de Evanescence sur When I'm Gone. Si les deux premiers choix n'ont rien d'étonnants, autant que Jasta était déjà en featuring sur l'album "Manslaughter", la présence de Amy Lee est beaucoup plus surprenante et inattendue. Tout comme l'est le morceau sur lequel elle apparaît ! Les paroles de ce titre ont été inspirés par le décès de Nipsey Hussle, amie de Ice-T qui insiste sur le fait qu'il faut profiter de nos amis et proches tant qu'ils sont encore à nos côtés. Enfin, un quatrième guest et non des moindres est présent : Monsieur Dave Lombardo (ex-Slayer, actuel Suicidal Tendencies), batteur donc de 2 des 3 groupes références du groupe avec Black Sabbath. Il est présent aux fûts sur 2 chansons assez spéciales puisque Colors et 6 In The Morning datent de 1988, écrites à l'époque par Ice-T dans un pure style hip-hop des 80's, et sont ici reprises à la sauce Body Count. Une réussite avec un grand R : du moins pour Colors car 6 In The Morning n'est présent que sur la version collector de l'album et le vinyle. Il faudra donc attendre le 6 mars pour l'entendre. 

On sent Ice-T, Ernie C et leurs acolytes plus énervés que jamais et ça se traduit par un album sur-puissant qui fera date dans leur discographie et qui prétend déjà à une place dans le top des meilleurs albums hardcore-metal de 2020 !