Bring Me The Horizon : la Lotto Arena s'en souviendra !

Un proverbe breton dit ceci : "Horizon pas net, reste à la buvette". Un proverbe qui était souvent mis en pratique dès que le nom de Bring Me The Horizon résonnait, surtout lors des concerts du groupe où le son qui résonnait justement n'était pas des plus agréables. Pour beaucoup, la prestation indigne des Britanniques à l'Ancienne Belgique en 2013 reste encore dans les mémoires (annuler aurait été une meilleure idée). Pour d'autres, nous y compris, le comportement du groupe envers les médias restait en travers de la gorge. Toutefois, les 2 singles récemment mis en ligne passent en boucle dans nos enceintes et l'on était vraiment curieux de voir ce que le groupe donnait désormais en live. Et ce fut une grosse surprise...

Pour ouvrir les hostilités sur cette tournée, ce sont les groupes Yonaka et The Fever 333 qui ont été invités. Nous avons ratés la prestation des premiers mais sommes arrivés, heureusement, à temps pour les seconds nommés dans une Lotto Arena déjà fort remplie ! Et si vous regardez la page d'info du groupe, vous serez étonnés de voir qu'ils n'ont même pas 2 ans d'ancienneté. Alors comment diable peuvent-ils déjà être sur une telle affiche ? Car ce ne sont pas n'importe quels musiciens : Jason Butler (ex-frontman de Letlive), Stevis Harrison (ex-guitariste de The Chariot) et Aric Improta (batteur de Night Verses qui fut également batteur pour Letlive en 2012-2013). Pas des amateurs donc. Encore faut-il que la sauce prenne, que la musique sorte un peu de l'ordinaire et que ça vaille vraiment le coup d'être ainsi de suite mis en avant avec seulement un EP à leur actif. 

Et malgré qu'une grande partie du public ne connaissait pas le groupe, ce fut, comme on dit dans le jargon : "Une grosse tuerie !" pour être clair. Jason est toujours un frontman avec une énergie et présence scénique incroyables et ses acolytes ne sont pas en reste. Leur musique rapcore est typiquement faite pour le live, y compris des scènes gigantesques comme c'est le cas ce soir. De notre perchoir en haut des gradins, on a pu constater qu'une bonne partie de la fosse prenait son pied durant ce concert. Et nous aussi. Une belle découverte de fin d'année qui apparaîtrait certainement dans nos MusicAll Awards 2018 et on ne peut que vous conseiller de les écouter si vous ne les connaissez pas encore !

Mais les stars de la soirée, évidemment, ce ne sont pas eux. Mais bien le groupe suit : Bring Me The Horizon. Un nouvel album sous les bras ? Même pas, juste 2 nouveaux singles et une sortie prévue fin janvier 2019. Ce qui n'empêche pas le groupe de vendre près de 8000 tickets en moins de 3 mois. C'est dire le niveau de popularité atteint par les British ! Et sans surprise, c'est sur un de ces deux fameux singles, Mantra, que le show est lancé. Son préparé aux petits oignons, lights au poil et, évidemment, groupies en folie. Ca sent la grosse ambiance dans la boîte à sardines, n'est-ce pas Patrick, également appelée fosse. Mais ça, on en a l'habitude avec BMTH. Ce dont on a moins l'habitude, c'est d'avoir une performance musicale au niveau sur scène. Et sans être parfait, on a tout de même assis à une belle performance de Oli et ses 5 comparses.

La set-list fait table rase sur l'avant-2010 et même sur l'avant-2013 vu que It Never Ends est le seul rescapé des 3 premiers disques du groupe : 6 titres pour "Sempiternal", 6 également pour "That's The Spirit" et 2 pour "Amo" (les seuls déjà connus). On ne s'en plaindra pas vu qu'on est là pour voir le BMTH 2.0 et que Oli ne sait plus gérer des chansons telles que Chelsea Smile depuis belle lurette.

Après un Mantra déjà connu par coeur et repris en choeur par les fans, c'est déjà l'heure des circle-pits avec House Of Wolves. Mais, étonnamment, le titre le plus attendu de ce premier tiers du concert semble être le dernier single du groupe, Wonderful Life (avec un début un peu raté puisque les guitaristes étaient apparemment mal accordés). Vu la qualité du morceau, ça se comprend mais on s'attendait malgré tout à voir un Go To Hell For Heaven's Snake gagner à l'applaudimètre !

Et nous pourrions continuer à vous faire l'inventaire des morceaux joués par Bring Me The Horizon ce vendredi soir avec la réaction du public mais cela n'aurait aucun sens. D'une part, car ce serait chiant pour vous. D'autre part, car, après coup, ce concert est à analyser dans son ensemble. Premièrement, si certains en doutaient encore, il faut définitivement mettre l'étiquette de groupe metalcore à la poubelle. On a ici affaire à un groupe que l'on pourrait qualifier de rock alternatif pour rester assez large car coller une étiquette au groupe, ce n'est jamais une bonne idée. Et, même si on attend avec impatience d'entendre "Amo" dans 2 mois, on sent qu'ils maitrisent leur sujet dans ce nouvel environnement. Deuxièmement, même s'il ne retrouvera plus sa voix d'antan, Oli semble avoir trouver un moyen pour mieux gérer sa voix en live et trouver un bon compromis entre chanter et laisser ses fans chanter (prends-en de la graine, Jared Leto). Troisièmement, ils ont atteint un tel succès que non seulement ils vendent quasi 8000 tickets en quelques semaines mais ils donnent également l'impression qu'une salle comme la Lotto Arena est trop petite pour eux. En 2016, ils faisaient soldout à Forest National (8500 places) pour la sortie de "That's The Spirit". En 2018, ils font quasi soldout à la Lotto Arena (8050 places) sans nouvel album. Prochaine étape, en 2019, 50 mètres à côté, avec le SportPaleis (23000 places) ? Le challenge est immense mais à défaut de trouver une salle intermédiaire, la question mérite d'être posée !

A notre grande surprise, Bring Me The Horizon nous ont mis une grosse claque ce soir. Et il nous tarde d'entendre le nouvel album qui, s'il est dans la lignée des premiers extraits, devrait être à coup sûr un des meilleurs disques de l'année à venir. Une année où c'est à Werchter qu'il faudra aller et non au Graspop pour les revoir, comme en 2016. Mais ça, c'est un autre débat ! Pour l'heure, on va retourner écouter Mantra !