Bullet For My Valentine - Venom

Bullet For My Valentine fait partie de cette catégorie de jeunes groupes qui ont très rapidement percé au haut niveau et ce, dès leur premier album. En l’occurrence ici, « The Poison » fin 2005. Avec un début tonitruant comme ils l’ont fait, il est normal d’en attendre beaucoup d’eux vu leur potentiel indéniable. Malheureusement, la qualité de leur musique n’a fait que diminuer d’album en album pour arriver au désastre qu’était « Temper Temper » en 2013. Des salles à moitié vide, des concerts plats et sans relief, une fan-base masculine en baisse. Bref, on ne donnait pas cher de leur peau à l’époque. Et lorsque leur nouvel opus est sorti en août 2015, c’est avec une certaine appréhension et peur pour nos oreilles que l’on s’est penché dessus… nous n’étions pas au bout de nos surprises.

Mais quelles surprises ! Après une intro plutôt futuriste, le premier morceau intitulé No Way Out fait naître en nous une première lueur d’espoir. Est-ce que les Gallois ont retrouvé leurs corones ? Ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué, encore moins si tôt, mais avouons que c’est un début encourageant avec ce mélange de metalcore moderne et trash propre au quatuor. Army Of Noise continue dans la même veine pour notre plus grand plaisir. Sans être forcément être des plus innovants – on sent bien les influences majeures telles que Metallica ou Pantera -, Bullet For My Valentine semblent avoir retrouvé leur âme, leur énergie, leur fougue et du talent. Menés par un Matt Tuck en très grande forme et un Padge de nouveau capable de faire des solos corrects, le groupe continue de nous surprendre avec un Worthless littéralement taillé pour les stades et surtout avec You Want A Battle (Here’s The War) : à n’en pas douter la meilleure chanson écrite par le groupe depuis 2008, voire même depuis « The Poison ». Comment résister à headbanger et chanter sur ce nouveau tube ?!

En seulement 4 morceaux, on vient de se réconcilier avec un groupe que l’on croyait perdu à jamais et qui ne tenait son rang seulement grâce à ses premiers succès. Une époque vers laquelle les Gallois ont voulu faire un petit clin d’œil avec Broken : typiquement un morceau qui aurait pu se retrouver sur « Scream Aim Fire » (2008). Heavy à souhait avec cette voix de Matt pas spécialement faite pour ce style à la base mais dont le mélange fait finalement des ravages. Ajoutez à cela un solo à vitesse grand V et ça vous met une nouvelle claque ! Mais Bullet For My Valentine, c’est un groupe également capable d’écrire de très belles balades, non ? En veux-tu, en voilà. Il aura fallu attendre la moitié du disque et le morceau éponyme pour avoir envie de sortir les briquets. Ca ne vaut pas P.O.W (très belle balade et seul bon morceau du disque précédent) mais ça se laisse écouter sans soucis et on se retrouve encore une fois 7 ans en arrière. Rien que pour ça, ça fait plaisir à entendre.

Après un The Harder The Heart en demi-teinte, Bullet For My Valentine reprennent leur marche en avant avec le très bon Skin, un autre tube potentiel de ce nouveau disque : ses refrains retenus dès la première écoute, ses chœurs, sa rythmique et son tempo qui ne faiblit pas en font un gros candidat pour les prochaines set-lists. Pour clôturer cet album, on a droit à 2 des morceaux les plus rentre-dedans avec Hell Or High Water qui fait son job sans plus mais surtout Pariah, le seul titre avec sa bonne dose de double pédale, enfin. Et pour prolonger le plaisir plus loin, on ne saurait que vous conseiller de vous procurer une édition spéciale de ce disque pour profiter du très bon Playing God qui aurait pleinement mérité sa place sur la version standard.

On va dire qu’il ne s’est rien passé entre 2012 et 2015 pour Bullet For My Valentine, d’accord ? Ce n’est pas forcément le meilleur album de 2015 mais c’est, sans nul doute, la plus grosse surprise ! Les Gallois ont enfin ressorti un disque de qualité avec « Venom » et vont peut-être retrouver le statut qui devait être le leur et qu’ils n’auraient jamais dû quitter. A savoir dans les hautes sphères du metal.