Counterparts - You're Not You Anymore

Même s'ils gardent un succès limité, Counterparts s'est forgé une belle réputation ces dernières années et est devenu une des valeurs sûres de la nouvelles scène hardcore moderne. Leur album "Tragedy Will Find Us" sorti en juillet 2015 était une véritable petite merveille : de la composition à la production, tout était d'un niveau bien supérieur à tout ce qu'ils avaient sorti jusque là. Etait-ce le climax de leur jeune carrière ou ce cinquième disque va-t-il les emmener encore plus haut ? Réponse ci-dessous !

Les deux années qui séparent ce disque de son prédécesseur ont été plus que mouvementées pour Counterparts, c'est le moins que l'on puisse dire. Sur ces 26 mois, 3 membres ont quitté le navire dont le guitariste Jesse Doreen, membre fondateur du groupe et surtout compositeur principal. Le chanteur et front-man Brendan Murphy est dorénavant le seul membre fondateur encore présent. Mais derrière ces soucis d'ancienneté plutôt anecdotiques, ce sont surtout des soucis d'écriture que l'on était en droit de craindre. Encore plus maintenant alors que le combo canadien semblait avoir trouvé LA formule pour les faire grimper dans les hautes sphères du hardcore. C'est Blake Hardman, ancien guitariste de Hundredth, qui a décidé de relever le défi. Sur le papier, c'est un choix qui tient la route. Encore fallait-il que la sauce prenne dans la formation pour déjà se retrouver ensemble en studio...

Une douce intro d'à peine 38 secondes nous présente ce disque avant d'entrer dans le vif du sujet avec le premier vrai morceau Bouquet. Ca va à du 100 à l'heure, on reconnait facilement la voix de Brendan et on se prend tout de suite une pu**** de claque ! Non, ce n'est pas le morceau de l'année mais ce titre en rouleau-compresseur fait tellement du bien à entendre qu'on ne peut que lancer un mosh-pit des familles dans sa chambre ou mieux encore : dans le salon avec les copains. Dès cette première chanson : deux choses sautent aux oreilles. Tout d'abord : la production. Moins claquante mais plus lourde que sur "Tragedy Will Burn", cela nous rappelle le dernier album de Polar à la différence que pour les Canadiens, c'est une réussite. Ensuite, la composition : il y a un léger air de The Ghost Inside de l'époque de l'album "Returners". Même si les textes sont toujours aussi peu joyeux - mais moins personnels à première vue -, la musique, elle, sonne un peu plus gaie. Et ce n'est pas plus mal ainsi.

Une grosse rythmique, des riffs de guitare bien léchers, un Brendan qui crache toutes ses tripes aidés de quelques choeurs bien sentis et qui trouveront échos dans le sing-along en concert : voilà comment on pourrait définir une bonne partie des titres qui vont suivre. De Arms Like These à Haunt Me. Mais à la différence de beaucoup de groupes hardcore où les morceaux s'enchaînent et se ressemblent, à aucun moment Counterparts ne nous ennuie. Les titres s'enchaînent à une vitesse folle avec un fil conducteur bien clair et pourtant, chacun est une tuerie. 

Le mid-tempo Swim Beneath My Skin nous rappelle d'ailleurs que le groupe peut toujours proposer des gros riffs bien lourds. On a d'ailleurs du mal à croire que c'est presque un tout nouveau line-up qui se cache derrière ce disque tant cela leur paraît naturel. La preuve encore avec le petit bijou qu'est Thieves. Même dans votre bain, vous vous imaginerez Brendan gueuler : "Side To Side ! Open this pit ! Move !", et vous exécuterez tout de suite ! Tant pis si vous mettez de l'eau partout et donnez un coup à votre canard en plastique sans le faire exprès. Pas de temps à perdre : cette chanson ne dure que 76 secondes !

On arrive ici dans la meilleure partie de l'album avec le trio Thieves / Rope / A Memory Misread qui devraient, on l'espère, faire partie de toutes les prochaines set-lists du quatuor ! Comme dit précédemment, on entend de suite la patte Counterparts et pourtant, ils arrivent encore à surprendre en laissant des si bons titres vers la fin du disque. Même si parler de début, milieu ou fin d'album peut paraître inutile sur un opus de seulement de seulement 28 minutes.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Et la fin sera ici synonyme d'apothéose. Fragiles Limbs et ses douces mélodies mais surtout le titre éponyme, deux des trois morceaux les plus longs de ce disque, vont parfaitement clôturer ce disque. Ce dernier offre une structure et un fil conducteur totalement différent des 10 autres morceaux : une structure et rythmique sans cesse changeante, des chorus rapides entrecoupés de refrains plus lents, des douces mélodies de guitare soliste, une voix parfois plus profonde et moins mise en avant. En 3'58'', Counterparts viennent de mettre les bases d'un prochain opus et prouvent qu'ils ont encore de l'énergie à revendre. On se tarde de découvrir tous ces titres en live !