Enter Shikari : c'était la folie !

Ce mercredi 17 avril, nous avions de nouveau prévu de nous rendre à l’Ancienne Belgique, dans la grande salle cette fois. Pourquoi ? Parce que. Non, plus sérieusement : Enter Shikari étaient de retour dans la capitale et nous ne voulions rater ça pour rien au monde ! Et on a bien fait vu qu’on a pris littéralement notre pied. Retour sur un concert qui sera à coup sûr dans notre top 10 en fin d’année…

MY CHEMICAL ROMANCE

Avant d’accueillir les stars british de la soirée, c’est un autre groupe d’Angleterre qui était attendu sur scène : As It Is qui, pour le fun, s’étaient d’abord présent comme étant My Chemical Romance. Un Poisson d’avril en retard de 16 jours seulement. En tout cas, vu leur style entre pop-punk, emo et une touche de rock alternatif, on se doute que MCR a dû être une de leurs grandes influences. Atteindront-ils un jour le même succès ? C’est tout ce qu’on peut leur espérer car ils sont définitivement sur la bonne voie. Signé sur un label important depuis leurs début, Fearless en l'occurrence, ils grimpent les échelons un par un et après une tournée réussie en tête d’affiche fin 2018 - avec un passage remarqué au Trix -, les voici en première partie de luxe de Enter Shikari. Et ils ne sont pas là pour faire de la figuration.

Bien décidés à prouver qu’ils ne sont pas qu’un énième groupe pour chauffer la salle avant une tête d’affiche, le quintet attaque leur set pied au plancher, envoyant la sauce à chaque morceau et profitant aisément des fans des premiers rangs - largement féminins, et alors ? - pour faire monter l’ambiance ! Leur set-list était majoritairement composée de titres du petit dernier, “The Great Depression”, sorti en août 2018 mais cela n’avait rien de dérangeant, bien au contraire. Des morceaux comme The Stigma (Boys Don’t Cry) ou The Reaper rendent très bien en live.

On peut aimer ou ne pas aimer mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont fait un très bon set devant un public motivé et déjà fort présent. Toutefois, la route est encore longue avant de savoir remplir eux-mêmes une salle aussi grande que l’Ancienne Belgique !

PATRICK SEBASTIEN

C’est en avance que Enter Shikari débutent leur set : 20h49 au lieu de 20h50. Chouette ! Mais peite motion tout d’abord aux roadies qui se sont bien amusés auparavant durant le soundcheck : entre les riffs de Killswitch Engage ou Led Zeppelin ainsi que les tests micros avec des allusions au côté répétitif de la procédure, on n’a pas vu le temps passer durant le changement de plateau.

Il aura fallu 2 morceaux pour que le public se chauffe vraiment : le temps peut-être de faire quelques photos du décor et du jeu de lumières plus que éblouissants mais parfaitement en place des Anglais. Ou plutôt des Européens comme l’a mentionné Rou après Labyrinth : “We are Enter Shikari from Europe”. Cette réplique ajouté au drapeau de l’Union Européenne fièrement accroché dans les backstages, le message est clair : ils sont totalement opposé à ce foutu Brexit. Un message qui résonne encore plus dans la capitale européenne, à quelques encablures du quartier européen.

Mais nous ne sommes heureusement pas là ce soir pour parler politique mais bien pour parler musique. Et la musique ce soir rimera avec folie ! Folie car fidèle à sa réputation de groupe live 5 étoiles, Enter Shikari a motivé le public comme jamais pour transformer la grande salle de l’AB en véritable boîte de nuit. Folie car ce parterre ressemblait souvent plus à une boîte à sardines qu’à une fosse de concert et où la chanson culte de l’ancien animateur de France 2 aurait eu tout son sens. Folie car ce concert a été très long (près de 25 morceaux) sans pour autant baisser en qualité ou en intensité, bien au contraire. Folie enfin car le prix de l’entrée pour un groupe de ce calibre était plus raisonnable par rapport aux tarifs habituellement en vigueur, à l’Ancienne Belgique ou ailleurs dans notre pays.

Lorsque Rou a sorti sa guitare pour nous interpréter Gap In The Fence, cela a été une véritable bouchée d’air frais. On ne bougeait presque plus dans la salle mais on n’arrêtait pas de chanter d’une seule et même voix pour autant. Multi-instrumentiste en plus d’être chanteur, il nous sort ensuite sa trompette pour Shinrin-Yoku, issu du dernier album “The Spark”.

Les tubes vont s’enchaîner, des plus vieux aux plus anciens, même si les plus vieux auront souvent un peu plus de répondant dans la salle. C’est évidemment le cas avec Mothership où pas une seule personne, ou presque, ne sautait pas dans la fosse. Quand on vous disait plus haut que c’était de la folie, on ne vous mentait pas !

MICHAEL JACKSON

Nous avons cité précédemment le différents instruments, en plus de cordes vocales, que Rou savait maîtriser : on peut y rajouter le piano. Mais on peut également rajouter ses nombreux pas de danse. Dure d’être un frontman plus complet !

Le concert valait évidemment le coup depuis la fosse mais également depuis les balcons d’où on pouvait admirer cette foule en délire bouger encore et encore, sans aucun temps mort. Mais il fallait en garder sous pédale car après 1h10 de show sans arrêt, le moment du “Quickfire Round” était arrivé avec 4 morceaux interprétés en moins de 9 minutes. Et pas n’importes lesquelles : Sorry, You’re Not A Winner, The Last Garrison, … Meltdown et Anaesthetist.

Toutes les bonnes choses ont malheureusement une fin et le concert de ce soir devait bien se tourner pour 22h30 au plus tard. Mais en apothéose s’il vous plaît ! On aura droit à un faux rappel - car on sait que tout est toujours bien ficelé à l’avance - à peine masqué puisqu’une partie des lumières sur scène restait allumée pour que les roadies remettent le matériel en place pour les derniers morceaux. Au programme : un beau speech de Rou sur cette tournée qui se terminait ce soir et qui est la dernière de ce chapitre de Enter Shikari qui, après quelques festivals dont le Jera On Air, feront probablement une pause pour préparer le successeur de “The Spark” ; un tonnerre d’applaudissements pour Rou qui aura du mal à finir son discours avant de lancer Take My Country Back ; un Juggernauts dément ; un final épique sur le magnifique Live Outside avec une pluie de crowdsurfers.

Enter Shikari ont prouvé ce soir qu’ils étaient un groupe à part, qui avait une longue histoire derrière (ndlr. le groupe fête ses 20 ans en 2019) mais qu’ils ont encore le peps pour écrire de longs chapitres à cette même histoire. Ce soir, on a pris notre pied de la première à la dernière seconde. Et rien que pour ça : merci !