Foo Fighters à Paris, c'était l'hystérie !

Ce lundi 3 juillet, nous avions rendez-vous à Paris avec une légende du rock. Un batteur de légende transformé en chanteur et guitariste de légende. On parle évidemment de Dave Grohl et de ses Foo Fighters. Devenus un des plus gros groupes de rock actuel, le groupe est également un des plus respectés. Et l’aura que dégage l’ami Dave y est évidemment pour quelque chose. Du coup, quand on va à un concert des Foo Fighters, on sait pertinemment que l’on va passer un moment magique… tant que personne ne se casse la jambe. Malgré ce peu de suspense, nous avons quand même décidé de partager avec vous le ressenti de cette magnifique soirée !

Pour chauffer - comme si c’était nécessaire - le public de cette Accor Hotel Arena anciennement appelé Bercy, les Ricains avaient invité d’autres ricains : Red Fang. Rock’n’roll à souhait, l’idée était bien sur le papier. Malheureusement, le son n’a pas suivi comme souvent pour les premières parties dans de si grandes salles. Cette basse qui doit donner toute sa puissance ou presque au groupe résonnait comme un vieux tambour d’enfant acheté chez Jouet Broze (d’ailleurs, il existe toujours ce magasin ?). Dans cette soupe totale, le chant peinait à se faire entendre clairement. Au final, des titres qui pourraient bien sonner sur CD ou en club ne donnait rien ce soir. Est-ce que ça aurait mieux donné avec un autre groupe ? Pas sûr. Dommage pour eux.

Pour se préparer comme il se doit pour le long concert qui nous attendait ensuite, un petit tour au bar s’imposait. Il y avait une bonne demi-heure d’attente. Suffisant pour faire l’aller-retour ? Difficilement. Il n’y a pas assez de bar, contrairement au SportPaleis à Anvers. Et une fois arrivé au moment de commander, on est proche de l’arrêt cardiaque et il faut se pincer la joue pour y croire : la pinte de bière Heineken - pas ce qui se fait de mieux en plus - est à 10€… Oui, 10€. Du vol. Encore plus cher que des concerts en stade ou en festivals… du coup, on se rabat sur un soft. Pas question de se faire arnaquer ainsi. Les 50cl de Coca sont à 4€. Ici, le rapport quantité/prix passe déjà mieux. Toutefois, pas possible d’avoir un Coca frais, on vient de les mettre au frais… idem pour le Coca Zero… Du coup, ce sera un Nice Tea, on fera avec. Tant que c’est frais. Comme on est en France, ce serait logique d’espérer une carafe d’eau mais non : si on veut de l’eau, c’est 3.5€ le demi-litre d’Evian. Encore une fois, par rapport aux concerts et festivals en Belgique notamment, le rapport quantité/prix est honnête mais ça reste dommage de ne pas avoir d’eau gratuite alors qu’en Angleterre, pourtant réputé comme étant un pays plus cher, l’eau gratuite et fraîche est disponible en concert. Bref. C’était le petit coup de gueule sur ce business qui continue de baiser les fans de musique, autant le dire sans tabou. Ce sera un véritable chemin de croix ensuite pour retrouver notre place bien placée à environ 10m de la scène mais ça, c’est comme ça partout et on le comprend.

Il est 20h45 et les lumières s’éteignent à nouveau pour vous-savez-qui. Et la preuve que les Foo Fighters est avant tout le groupe de Dave Grohl, ce dernier est arrivé seul sur scène avec sa guitare et un sourire qui rendrait jaloux le Joker dans Batman pour lancer un petit speech de plus de 2 minutes suivi de l’intro de Time Like Theses avant d’être rejoint par ses 5 collègues. En quelques secondes, la température vient de doubler. La fosse est transformée en un four pour près de 2h30 ! Avec le bouillant All My Life en seconde position, comment en aurait-il pu être autrement ?

Nous avions quelques craintes sur le public parisien qui n’est pas des meilleures mais ce soir, les 20.300 personnes présentes étaient en forme et à la hauteur de l’événement ! Heureusement car les morceaux s’enchaînent parfois à vitesse grand V : pas le temps de souffler que Learn To Fly, Something From Nothing et The Pretender suivent directement. Bam. Il faudra attendre la présentation des collègues de travail de Dave avec un mini solo préparé pour chacun d’eux sur vieux titre bien connu (Alice Cooper, Van Halen… etc) pour avoir un court break. Pour Taylor Hawkins, le morceau de présentation fut bien évidemment Cold Day In The Sun, morceau dont il est le chanteur principal : “Si Freddie Mercury avait été un putain de batteur, ce serait lui”. Dans le style présentation qui met la barre très haut, dure de faire mieux. Merci Monsieur Grohl.

La suite, c’est un triplé de tubes - comme presque toute leur discographie - plus doux où le public peut donner toute sa voix et reposer un peu ses pieds : Walk, These Days et My Hero. Rien que ça. Mention spéciale pour le dernier cité, un des grands moments de cette longue soirée. On en est déjà à la moitié du set mais pas au bout de nos surprises puisque l’on aura droit en avant-première à un nouveau morceau : Dirty Water, issu du nouvel album “Concrete And Gold” qui sortira en septembre prochain. Un titre mi-figue mi-raisin découpé en deux parties distinctes. Une première très douce, très dansante mais finalement assez simple. Et une seconde partie bien plus rentre-dedans, une version heavy de la première partie. Deux courts morceaux mis en un. Les premiers extraits de ce nouveau disque ne sont pas des plus convaincants et on se dirige à première vue plus vers un album moyen comme “Echoes, Silence, Patience and Grace” sorti en 2007 qu’un chef d’oeuvre tel que “Wasting Light”. Affaire à suivre !

Il y a deux types de fans : ceux qui scrutent les set-lists avant les concerts pour savoir à quoi s’attendre et ceux qui ne veulent en aucun cas être spoilé. Dans ce cas-ci, on est de la première catégorie et il y avait un morceau particulièrement attendu qui est jouée à priori tous les soirs : Skin And Bones. Et c’est le prochain de la set-list de ce soir ! Un morceau que Dave a présenté comme un titre que seuls les vieux fans connaissent : soit il y avait beaucoup de vieux fans dans la salle comme il dit, soit tout le monde connaît bien ses classiques car cette chanson a eu un accueil plus que bon ! Un moment magique. Mais après une belle douceur ainsi, il nous fallait bien un morceau qui envoie du steak et c’est le petit nouveau Run qui s’y colle. Décrié par certains, ce titre est d’un fort bon cru qui rentre dans les standards du groupe. La preuve : tout le monde le connait déjà !

This Is A Call, Arlandria, Rope… qu’importe l’album dans lequel ils piochent, c’est toujours un tube. Le titre suivant attira toutefois plus l’attention : Wheels. Morceau sorti uniquement sur le best-of en 2009, pas forcément le plus connu et pourtant, ce fut un des plus grands moments de cette soirée ! Dave presque en solo accompagné par 20.000 voix dans le noir ou des milliers de téléphones et briquets sont allumés : classique certes mais quand le morceau est bon, bordel que c’est beau ! Un doux moment où Dave nous emmène dans ses souvenirs en nous parlant de son premier concert dans la capitale parisienne à l’âge de 18 ans ou du premier show des Foo Fighters ici il y a 22 ans. La larme à l’oeil n’est pas loin…

Néanmoins, toute les bonnes ont une fin. Mais cela n’empêche pas de finir en apothéose. Et après l’énergique Monkey Wrench, c’est évidemment au duo Best Of You / Everlong de conclure. Il nous faudra bien trouver notre second voire notre troisième souffle pour donner tout ce qui nous reste d’énergie pour chanter ces deux hymnes. Alors que pour Dave, cela parait si simple. Serait-ce une chique à l’EPO ou autre produit dopant qu’il mastique tout le concert durant ? Serait-ce une machine ? Peu de chanteurs arrivent à donner un show si long avec une telle énergie sans flancher. En plus, en étant également guitariste. Chapeau bas Monsieur. Nous, on est KO.

En 2h30 et 21 morceaux, les Foo Fighters viennent de nouveau de nous gratifier d’un concert énorme comme ils savent si bien le faire. Une énergie débordante, une communion parfaite entre le groupe et le public, une quantité de tubes débordante. Leur nouvel album “Concrete And Gold” sortira le 15 septembre prochain. On ne peut qu’espérer une nouvelle tournée en salle à l’automne ou au printemps sur le vieux continent. En attendant, il ne nous reste plus qu’à regarder quelques vidéos souvenir sur YouTube d’un concert unique d’un groupe pas comme les autres.