In Hearts Wake - Ark

Lentement mais sûrement, les Australiens d'In Hearts Wake montent les échelons du succès vers les hautes sphères du metalcore. Mais arriveront-ils si haut ? Devenus aussi connus que leurs copains de Northlane en Australie, ils peinent quelque peu à atteindre le même niveau de popularité dans nos contrées. Ce quatrième opus accompagné d'une belle promotion et d'un message fort est celui qui devait les aider à passer un cap. Alors : mission réussie ou simple coup dans l'eau ?

A l'écoute des premiers morceaux, notre avis était mi-figue, mi-raison. Ça sonne bien. La production est impeccable. Les paroles correspondent à la thématique annoncée. Et pourtant... pourtant, il y a quelque chose qui dérange : la familiarité avec ce qu'on entend. C'est du In Hearts Wake tout craché. Morceaux sur un tempo peu rapide, alternance de screams sur les couplets et de voix claire pour les refrains, notamment. Les riffs envoûtants sont également fort semblables à ce qu'ils avaient fait sur "Skydancer". Et pourtant... pourtant, malgré cette ressemblance, la magie opère toujours : objectivement, ce n'est pas révolutionnaire mais subjectivement, on se laisse tout de même facilement emporter !

Les parties vocales fort mises en avant et reconnaissables en une fraction de secondes sont à la fois une qualité et un défaut pour ce style musical. Des titres comme Passage, Nomad, Warcry se perdraient facilement sur un disque précédent. Il faudra attendre la piste 4, Frequency, pour voir nos poils s'éricer légèrement. Plus rapide, plus pop, avec un beau solo de guitare et une nette dominance de voix claire : le rapprochement avec leurs grands frères de The Amity Affliction est facile à faire mais ce serait trop réducteur de simplement comparer les deux groupes. Ce titre apporte une réelle plus-value et est la première satisfaction de ce disque.

A mi-chemin de cet opus, on reste sur notre faim. L'introduction Ark nous mettait parfaitement dans l'atmosphère presque aquatique voulue par le groupe mais si ce n'est Frequency, aucun titre n'apporte réellement une plus-value au groupe par rapport à ce qu'ils ont déjà sorti : cela ressemble plus à une compilation de B-sides. Et puis, Cupidon est passé par là, nous envoyait en plein coeur Arrow, un morceau diablement envoûtant et marquant le vrai départ de cet album tant attendu. Sur une douce mélodie où le chant scream n'a pas sa place, Kyle Erich nous conte une magnifique lettre écrite par l'océan à destination du monde, ce monde qui l'utilise et la détruit sans s'en soucier. Enfin, les textes et la musique sont au même niveau dans ce disque. Mieux vaut tard que jamais, dit le dicton !

Overthrow est le morceau la plus violente et la plus sombre de ce disque porteur d'espoir. Gros riffs, un scream omniprésent, un tempo plus élevé, une ambiance typée orientale : par rapport aux premières chansons de l'album trop douces et trop banales, celle-ci nous parait aussi puissante qu'un tsunami ! Si Flow était plus douce, Elemental garde cette puissance et cette atmosphère aux sonorités plus orientales qu'australiennes. Avant que Totality ne nous rappelle quelque peu les problèmes mentionnés en début de chronique...

"Ark" se conclut sur une OVNI, Now. Une ambiance spirituelle presqu'entièrement instrumentale avant que ne surgissent à une minute de la fin des choeurs reprenant "Now is the youngest we'll ever be". Spirituel, envoûtant, psychique, mystique... les adjectifs ne manquent pas pour qualifier ce morceau hors-du-temps que l'on se ferait bizarrement un plaisir de passer en boucle, que ce soit pour se relaxer ou littéralement planer.

Que dire de ce quatrième album d'In Hearts Wake ? Est-il raté ? Non. Est-il réussi ? Non. Correspond-il aux attentes ? Non. Est-il décevant ? Non. Si l'on met de côté leurs albums précédents, on ne peut que considérer celui-ci comme réussi ! Malheureusement, les Australiens ont près de 10 ans d'ancienneté et on ne peut objectivement pas en faire abstraction. Ils ont prouvé leur talent mais celui-ci a l'air d'avoir atteint ses limites. Ou presque. Des titres tels que Frequency, Arrow, Elemental et même Now prouvent qu'ils ont encore des idées à exploiter. Si ce concept-album n'est pas celui qui les propulsera au rang de star, il reste toutefois un tremplin intéressant car de plus en plus de gens vont s'intéresser au groupe vu leur popularité grimpante et également grâce à leurs idéaux qu'ils transmettent autour de leur musique.