Interview - In Hearts Wake

Salut les gars ! Vous êtes en tête d’affiche de la troisième scène ce soir. Est-ce que vous vous attendiez à jouer ci haut au Groezrock ?

Jake (chant) : Nous n’avons pas beaucoup joué en Belgique avec le groupe donc chaque concert ici est une surprise, on ne sait pas trop à quoi s’attendre. Donc oui, c’est un peu une surprise de jouer à cette place aujourd’hui mais c’est comme ça en festival : on ne décide pas à quelle position dans l’horaire on jouera. Quoi qu’il en soit, c’est génial et on a vraiment hâte d’y être ! Ce qui est dommage, c’est que notre concert est en conflit avec celui de Deftones qu’on aurait aimé voir et que beaucoup de gens ici voudront voir également. Mais on ne peut pas gagner à tous les coups n’est-ce pas !

Si vous rangez très vite, vous saurez peut-être voir quelques chansons ! Et jusqu’ici, est-ce qu’il y a quelques groupes que vous avez déjà été voir ou que vous ne voulez pas rater plus tard dans la journée ?

Jake : On vient de regarder Trade Wind et c’était vraiment cool ! Sinon, définitivement, Stick To Your Guns et un peu Deftones si on y arrive. Il y a tant de groupes aujourd’hui !

Jusqu’à hier, vous étiez en tournée en Angleterre avec While She Sleeps, vous avez un break ce weekend pour les deux festivals (Groezrock et Impericon Festival à Munich) avant de retourner en Angleterre. Vous aviez déjà un break de prévu dans la tournée ou vous avez dû faire un choix ?

Jake : Non, malheureusement, nous avons dû faire un choix et on a décidé de ne pas jouer les deux dates en Irlande et Manchester avec While She Sleeps pour venir jouer ces deux festivals. On retourne sur la tournée à Liverpool mercredi. C’est notre première fois au Groezrock donc c’était une magnifique occasion à saisir et on est très fier de pouvoir jouer sur ce festival.

Il y a quelques jours (ndlr. le 25 avril), vous avez sorti un nouveau single “Passage”. Dans le même temps, vous avez également annoncé votre partenariat avec “Tangaroa Blue” pour sensibiliser sur les problèmes de l’eau dans le monde.

Jake : L’utilisation de l’eau dans le monde est un problème majeur. Se procurer de l’eau a parfois un coût immense dans certaines régions du globe et est plus cher que le pétrole. Hors, nous avons plus besoin de l’eau que du pétrole pour vivre. Nous sommes faits d’eau, ça représente presque 70% de notre corps. Et la Terre sur laquelle nous vivons est en grande partie faite d’eau. Et de là vient un autre problème important dont nous voulions parler : la dégradation des océans et des animaux qui y meurent à cause de la pollution. Ce qui a également un impact sur les populations locales qui vivent de la pêche. Si chacun y met du sien, on peut améliorer la situation. C’est pourquoi tout au long de notre tournée australienne, nous n’invitons pas nos fans à des séances de dédicaces classiques en magasin quelques heures avant le concert ou quelque chose du genre. Non, nous invitons nos fans à nous rejoindre sur la plage pour nettoyer les cours d’eau et parties d’océans les plus pollués : ramasser tous ces morceaux de plastiques et autres déchets, recycler ce qui est possible… Et j’espère que nous arriverons à réaliser le même projet durant notre tournée européenne en tête d’affiche en novembre prochain !

Avec ce projet, est-ce que vous avez pensé à collaborer avec d’autres ONG déjà en place qui traitent de près ou de loin le même sujet, comme Sea Shepherd par exemple ?

Jake : Justement, Sea Shepherd nous ont contacté cette semaine ! Ce n’est qu’un premier contact, nous sommes en tournée actuellement donc c’est plus compliqué de discuter mais c’est un début. La vie ds poissons est évidemment un sujet qui nous intéresse aussi. Si tu pêches juste quelques poissons pour toi et que tu fais ça bien, pas de soucis. Mais les gens qui achètent du poisson ne font généralement pas attention d’où ça vient. La pêche commerciale, de masse, est une tragédie. Ils pêchent énormément de poissons d’un coup, tant pis pour ceux dans leur filet qui les intéressent pas et qui vont donc mourir… on ne peut cautionner ça.

D’après vous, est-ce essentiel en tant que groupe avec beaucoup de fans de transmettre un message tel que le vôtre et pas simplement jouer de la musique ?

Ben (guitare) : Évidemment ! Si tu as la possibilité de transmettre un message à travers le monde que ce soit grâce à la musique ou autre, pourquoi ne pas en profiter pour faire passer un message positif ? On est fier de pouvoir diffuser notre message à un large public. Et ça nous fait sentir bien par rapport à ce que l’on fait. Quand on monte sur scène, on sait ce qu’on fait, pourquoi on le fait, pourquoi on est passionné et pas seulement à propos de la musique.

Votre nouvel album “Ark” sortira le 26 mai. Je suppose que ce sera un concept album à nouveau et qui traitera de tous ces problèmes à propos de l’eau dans le monde ?

Jake : L’album parle de l’arche qu’est la Terre, cette planète sur laquelle nous vivons. Qu’importe notre religion, notre culture, notre nationalité : nous vivons tous sur la même planète et devons travailler ensemble pour sauver cette arche. Sauver la planète ne peut se faire seul, il faut travailler en équipe pour résoudre tous ces problèmes notamment écologiques.

Dans le clip pour “Passage”, on voit justement des personnes de différentes nationalités. Comment les avez-vous choisies ?

Jake : Tout d’abord, je tiens à préciser que j’ai écrit l’histoire de cette chanson avec ma mère. C’était important de ne pas avoir qu’un seul point de vue. Ensuite, comme la chanson parle de différentes cultures, de différentes nationalités, il était important de les illustrer dans le clip. Chaque personne dans ce clip a sa propre histoire. Certaines personnes sont des amis à nous. D’autres sont des acteurs/figurants. Ce n’est pas toujours facile de regrouper beaucoup de personnes au même endroit et au même moment.

C’était le second single du nouveau disque. Est-ce qu’un troisième est prévu avant la release le 26 mai ?

Ben : Il y en aura définitivement un troisième mais pas avant la sortie de l’album. Le timing est trop serré. Ce sera pour après. Il ya beaucoup de surprises dans ce disque et c’est bien que les gens ne découvrent pas tout avant la sortie !

On attendra patiemment le 26 mai dans ce cas ! En tout cas, comme les 2 disques précédents, celui-ci est de nouveau un concept-album. Est-ce que vous ferez toujours des albums à thème ainsi ?

Ben : Actuellement, on dirait que ça fait parti du succès du groupe mais ce n’est pas une volonté prise dès le début par le groupe. On fait simplement ce qu’on a envie de faire et effectivement, ça finit en concept-album mais parce que c’est ce qu’on aime faire en ce moment.

Jake : Le fait de se concentrer sur un thème permet au final de ne pas composer écrire des chansons de façon “random” tu vois. J’aime le fait qu’il y ait un univers dans le groupe qui se retrouve à travers nos chansons, nos clips, nos photos.

Pour un rendu très réussi, je vous l’accorde ! Entre ces deux concepts-albums, vous avez sorti également un EP appelé “Equinox” co-écrit avec Northlane. Comment vous est venue cette idée ?

Jake : Nous étions en tournée avec eux au Canada l’année d’avant (ndlr. en 2015). Nous sommes amis de longue date et on s’est dit : “Oh ce serait vraiment cool de travailler ensemble un jour !” et puis de temps après être revenu de la tournée, on s’est dit qu’on pourrait le faire. Nos deux groupes avaient un peu de temps libre en même temps, c’était l’occasion rêvée. Ben et John (de Northlane) sont les cerveaux musicaux des deux groupes donc je laisse plutôt Ben expliquer comment ça s’est construit !

Ben : Pour commencer, on a chacun écrit des riffs de notre côté, à notre façon. Puis on s’est retrouvé en studio avec tous ces brouillons que l’on avait écrits et les 8 autres membres de nos 2 groupes afin de mettre ça en forme. Chaque musicien a rajouté sa patte, ses parties, pour en faire l’EP que tu connais. C’était un processus très original parce que d’habitude, je ne travaille qu’avec 4 autres musiciens et ici, on était 10 en tout ! Cela fait tellement plus d’idées à mettre ensemble, c’était un très beau challenge.

Un EP que vous avez joué en live l’été dernier…

Ben : Tout à fait. Nous avons fait l’Equinox Tour avec Northlane et à la fin de nos concerts, nous nous retrouvions ensemble pour jouer l’EP avec des mix des deux line-ups.Une très belle expérience !

Une expérience que vous pourriez rééditer en Europe d’après vous ?

Jake : Ca pourrait se faire mais il faudrait que l’on joue vraiment sur des grosses scènes pour pouvoir installer le backline des deux groupes. Puis il faudrait accorder nos violons pour trouver une période qui convient à chacun. Eux viennent de sortir un nouvel album, le notre arrive bientôt. C’est vraiment compliqué. Ca pourrait se faire mais pas tout de suite !

En attendant de voir l’Equinox Tour débarquer ici, vous serez de retour en octobre pour votre première tournée en tête d’affiche en Europe. Est-ce que vous choisirez vous-mêmes les groupes en support ?

Jake : Tout à fait, on les a même déjà choisis. Pour l’instant, il est prévu d’annoncer la tournée mi-mai mais tu sais, il peut toujours y avoir des changements de dernière minute. Donc disons que d’ici un mois maximum, ce sera annoncé ! Mais je ne peux rien te dire sur les groupes pour l’instant.

Encore une fois, on attendra… (rire général) Parkway Drive, Thy Art Is Murder, Northlane, In Hearts Wake… il y a de plus en plus de groupes connus issus de l’Australie depuis environ 8-10 ans. Comment expliquez-vous ce changement ?

Ben : En Australie, la plupart des grandes villes sont très éloignées les unes des autres. Tu peux parfois rouler 10h rien qu’entre deux villes. Du coup, pour tourner en Australie et développer le succès de ton groupe, il faut vraiment travailler énormément. Tu ne peux pas te contenter de jouer des dates dans ta ville. Du coup, une fois que tu arrives à traverser l’océan pour venir tourner en Europe, c’est la preuve que tu as déjà accompli beaucoup et donc ça attire la curiosité des gens, des futurs fans. Il faut parfois un peu de chance aussi.

Du coup, en ce qui vous concerne, vous préférez tourner en Australie ou en Europe ?

Ben : Devoir conduire seulement quelques heures entre les concerts est un vrai plaisir, c’est clair ! Mais on aime également tourner chez nous, voir des visages connus. Qu’importe où on tourne, c’est toujours une bonne expérience !

En ce qui me concerne, je me ferai un plaisir de vous voir ce soir et au chaud dans une salle belge en octobre ! A bientôt !

Jake : Merci à toi pour l’interview !