Interview : Landscapes

Salut Shaun ! La tournée avec Expire et Counterparts touche bientôt à sa fin. Comment ça s’est passé ?

Ce fut une tournée incroyable jusqu’ici ! Il faut dire que c’est compliqué de monter sur scène juste après Knockled Loose qui ont une pu**** d’énergie mais on fait avec, ce sont des mecs supers et c’est un vrai privilège de pouvoir tourner avec de tels gars. Ils sont si jeunes, c’est leur première tournée en Europe d’ailleurs. Ca nous oblige à donner le meilleur de nous-mêmes ensuite. Et que dire de tourner avec Expire… C’est vraiment triste de voir un si bon groupe tirer sa révérence. Chaque soirée se finit avec beaucoup d’émotion.

Et parmi toutes ces dates, est-ce que tu en retiens un plus que d’autres ?

Je ne sais pas pour le reste du groupe mais d’un point de vue personnel, Vienne sans aucun doute. Ce n’est pas trop ce que l’on fait sur scène qui a de l’importance pour moi mais plutôt le public qui vient nous voir. Quand tu te fais des nouveaux amis ou que tu reviens des vieux amis pour la centième fois ou plus : certains de mes amis les plus proches vivent à Vienne comme Nic, chanteur de Dead Swans. Ca faisait longtemps que je ne l’avais pas vu ! Hier, à Londres, il y avait également beaucoup de potes de groupes avec qui ont a tourné en plus d’un énorme public (ndlr. concert soldout devant plus de 500 personnes au Underworld) : Sam Carter d’Architects, des gars de Stray From The Path, il y avait également des mecs de SlipKnot… bref, c’est Londres, c’est toujours dingue là-bas !

C’est votre quatrième concert en Belgique rien que cette année : vous êtes combien de jours sur les sur un an ?

Mec, je serais incapable de te dire, je n’ai jamais compté… mais clairement, ça doit faire beaucoup !

Est-ce que tu vois beaucoup de différences entre les concerts en Angleterre et sur le continent ?

Oh oui ! On a fait d’abord quelques concerts dans notre coin puis on s’est dit « Fuck this shit » et on s’est directement lancé sur une tournée européenne en dehors du pays ! Tourner ici est beaucoup mieux qu’en Angleterre. J’ai même déménagé en Allemagne. Les conditions sont meilleures ici.

C’est drôle parce que le rêve de beaucoup de groupes du continent est de tourner en Angleterre mais les groupes anglais rêvent, eux, de tourner chez nous…

Je n’ai jamais compris pourquoi (rire) !

Vous avez sorti votre nouvel album « Modern Earth » sur Pure Noise Records en avril, 4 ans après le précédent. Avec toutes ces tournées, je suppose que ça a pris du temps pour le composer et l’enregistrer ?

Ca a pris énormément de temps ! A partir du moment où on s’y est vraiment mis, je pense que ça a du prendre un peu plus d’un an. Et on a été assez déçu des feedbacks. Sans vouloir t’offenser toi ou d’autres journalistes, il y a des choses, mêmes les plus évidentes, dans cet album que personne n’a réussi à percevoir : si tu l’écoutes plus attentivement, tu le remarqueras. On a énormément travaillé pour que chaque chanson représente l’idée que l’on voulait pour cet album et finalement, le message n’est pas passé. C’est assez embarrassant.

Je t’avoue que je dois encore écouter l’album plus en profondeur mais on pourra en reparler en avril (ndlr. Le groupe sera le 1er avril au Trix avec Hundredth) ! Juste avant le début de cette tournée, vous avez sorti un nouveau clip pour la chanson « Escapist » : pourquoi celle-ci plus qu’une autre ?

Si tu regardes notre premier clip pour « Cemetery », on y mettrait un peu à quoi on ressemblait mais c’étaient plus des ombres, on y voyait pas clairement nos visages. Ensuite, avec « No Love », on a voulu montrer que l’on tournait énormément et qu’on travaillait dure pour atteindre nos rêves. Pour « Neighbourhood », ça rejoint un peu le contexte de notre premier clip : des choses auxquelles je veux échapper. Dans la fin de la vidéo, on me voit d’ailleurs marcher dans un cimetière. Enfin, pour « Escapist », on a travaillé avec un quelqu’un qu’on connait bien (ndlr. Jay Lilley), ce qui nous a mis à l’aise pour la réalisation de ce nouveau clip. Il est venu me voir avant la tournée, on a écouté l’album ensemble pour choisir la chanson qui conviendrait le mieux. Même si c’était un long travail, c’était un choix qui paraissait naturel avec lui. C’est ainsi que l’on a choisi « Escapist ».

 

                                                                                                            Copyright : Dean X Photography / MOD Loud.

 

Et vous avez réfléchi avec lui pour sortir un clip de cet album ?

On a quelques idées mais rien de concret pour l’instant. L’industrie musicale est un monde compliqué et promouvoir un clip n’est plus aussi facile qu’avant : le réseau est plus que saturé. Un clip aide à faire connaître l’album et donner aux gens envie de l’acheter mais ça dépend également de l’aide fournie par le label…

On attendra patiemment la suite dans ce cas ! Pour promouvoir « Modern Earth », vous avez enchaînez une tournée en tête d’affiche, des festivals et des tournées en support. Qu’est-ce que tu préfères ?

Je vais répondre par un joker : honnêtement, j’aime autant les trois car ils ont chacun leurs avantages et leurs défauts ! J’adore être non-stop en tournée, je n’aime pas être chez moi l’été et ne pas faire de festivals. Mais je préfère être proche du public, je déteste les barrières, je n’aime pas les hautes scènes. En festival, c’est génial de voir des fans venus pour nous mais également de voir pas mal de gens qui ne nous connaissent sûrement pas mais sont quand même là pour nous voir. Depuis mai et notre tournée en co-tête d’affiche avec Capsize, beaucoup de choses ont changé pour nous. En octobre, on a tourné en Espagne avec Sights And Sounds, une tournée durant laquelle on a appris beaucoup sur nous-mêmes. Quand on tourne en tourbus, on commence la tournée avec des inconnus pour nous mais qui finissent par êtres des amis. Donc, concerts en salle ou festival, je ne saurai en préférer un à l’autre !

Durant ces nombreux mois sur les routes, tu prends le temps de visiter les villes où vous passez ?

J’essaye un maximum. C’est beaucoup plus facile quand on tourne en bus. Quand tu tournes en van, tu dois aller à l’hôtel après les concerts puis rouler toute la journée le lendemain en partant tôt le matin pour arriver à la ville suivante. Une fois là, tu as généralement peu de temps pour te reposer avant de devoir décharger le matériel, t’installer, faire le soundcheck,  jouer… La journée est très vite passée. Avec un tourbus, tu dors dedans avec un chauffeur qui conduit pendant la nuit. En général, on part à 2h du matin et on se réveille vers 8h – 9h mais on est déjà arrivé à la ville suivante à ce moment-là donc on a la matinée pour faire ce que l’on veut, se détendre, voir quelques amis et donc visiter les alentours.

Depuis le début du groupe, de quoi es-tu le plus fier ?

Mmmmh, je ne sais pas…

Beaucoup de choses sûrement…

Pas vraiment, justement… Choisir de vivre de la musique, c’est comme jouer une partie de poker tous les jours. C’est souvent imprévisible. Tu peux faire des choses qui vont déranger d’autres personnes sans le savoir. C’est dur de faire les bonnes choses, les bons choix que les gens comprendront. Mais le plus difficile, c’est de travailler avec des gens qui n’en ont strictement rien à faire de toi et ne t’aident pas du tout. Parfois, tu peux tenter de créer quelque chose pendant 7 ans et du jour au lendemain, les personnes qui étaient avec toi te tournent finalement le dos sans vraiment savoir pourquoi.

J’espère que vous arriverez à vous accrocher ! Et pour 2017, vous avez déjà des choses de prévues je présume ?

Beaucoup de choses, oui ! Nous avons une tournée au printemps qui nous a été confirmée très récemment (ndlr. Le groupe sera en avril en Europe avec Hundredth). Je ne sais pas trop ce que ça va donner mais ça peut vraiment envoyer du lourd ! Et j’ai reçu une autre proposition de tournée pour cet été justement aujourd’hui mais je n’ai même pas encore eu le temps d’en discuter avec les autres et notre manager. Un gros plateau encore une fois, c’est juste dommage qu’on n’aille pas dans quelques régions de France que j’adorerais découvrir ou en Espagne mais je pense que la scène hardcore là-bas n’y est pas très développée pour l’instant. Ensuite, on commencera sûrement à écrire des chansons pour le nouvel album, ça ne prendra pas autant de temps que pour « Modern Earth » !