Issues - Headspaces

Issues, c'est le genre de groupes qui ne laisse personne indifférent. Soit on adore, soit on déteste. Et comme par hasard, les groupes de cette catégorie ont souvent les mêmes caractéristiques : beaux gosses ou qui s'en donnent l'image, des voix claires, une brutalité qui parait toujours gentille et souvent, une musique un peu clichée qui tient parfaitement la route pour jouer au Vans Warped Tour. Quelques exemples : Pierce The Veil, Palissades, Memphis May Fire, Hands Like House... La liste est longue. Autre caractéristique aussi pour les plus connus d'entre eux : Rise Records, le label s'est fait la spécialité de prendre des groupes prometteurs (sous-entendu money money) qu'ils font passer dans leur moule pour en faire des groupes encore plus clichés, basiques et qui vont rapporter beaucoup de thune. Certains arrivent à garder une certaine identité sûrement grâce à leur talent originel ou leur personnalité, tandis que d'autres ont clairement vendu leur âme au diable. On va découvrir où Issues se situent avec leur nouvel album...

Pour vous re-situer le groupe dans cet univers musical saturé : la formation est entièrement issue (notez ici le jeu de mot pourri) de Woe, Is Me, groupe défunt de cette scène typée metalcore américaine. Entre We Came As Romans, Attack Attack, Set It Off et ou autres Dream On Dreamers. Le décor est planté. Le premier album d'Issues était d'ailleurs dans la même veine mélangeant riffs metalcore, sons scratchy-electro ou autres refrains pop en voix claire. Malgré une panoplie de clichés, le groupe avait tout de même un petit quelque chose en plus qui ne laissait étonnamment pas indifférent.

Après cette longue introduction, place à l'action ! Et le décor est de suite planté avec The Realest qui porte bien son nom, le plus réel, ou le plus réaliste serait-on tenté de dire. La production est parfaite, le morceau tient la route malgré une grande diversité musicale : est-ce le vrai visage d'Issues ? En tout cas, l'expérience accumulée sur les routes depuis la sortie de leur premier opus se ressent. Entre des parties groovy presque rn'b, des riffs et gros sons de basse plus djent rappelant Volumes ou la voix claire de Tyler qui tend presque vers un certain Justin Bieber parfois entre-coupé par des "screams" de son acolyte Michael.

La voix de Tyler est d'ailleurs parfaitement calibrée tout au long de ces 13 titres en studio mais on est curieux d'entendre ce que ça vaut en live ! Sa voix, justement, est agréable mais finit par lasser à force d'écouter cet album. Une belle voix, oui. Mais qui ne varie presque jamais. La musique derrière ne vraie pas beaucoup plus non plus.

Passer au crible chaque titre n'aurait pas beaucoup d'intérêt car le fil conducteur tout au long de ces 13 titres est très clair et il s'écoute d'une traite sans problème... dans un sens comme dans l'autre ou même avec les pistes mélangées... mais pas trop à la fois. Comme le représente l'artwork de l'album, le groupe a-t-il voulu nous prendre pour des pigeons ? Un peu quand même. Ce disque est d'une homogénéité criante et collera parfaitement à une soirée sur la plage entre potes à siroter des cocktails, à passer un moment sympa au Vans Warped Tour tout en écoutant leur cover du générique de Pokémon (pas sur ce disque) ou leurs covers de la compile Punk Goes Pop mais de là à faire d'eux un des groupes en vogue, il y a encore un long chemin à faire. Un très long chemin.