letlive - If i'm the Devil

15. C’est le nombre d’années pendant lesquelles les californiens de letlive nous ont fait rêver. 4. C’est le nombre de pépites qu’ils ont offert à nos tympans. 8. C’est la cote sur 10 que nous donnons aujourd’hui à leur dernier album "If I’m The Devil". Peut-être est-ce cette chaleur qui nous monte à la tête ou encore la nostalgie de ce groupe parti trop tôt puisque vous n’êtes pas sans savoir qu’ils ont annoncé leur séparation le 28 avril dernier. Ou peut-être que cet album qu’ils nous laissent avant de s’envoler vers d’autres cieux est tout simplement grandiose. 

On sait que letlive a toujours su nous transporter dans une autre dimension avec leurs ambiances propres au groupe au fil des albums. Celui-ci ne coupe pas à la tradition puisque dès la première chanson I’ve learned to love myself, l’atmosphère se veut aérienne, l’instrumental est grave et juste alors que le chant fait preuve d’une émotion rare. Dès le premier refrain, on comprend qu’il est temps de fermer les yeux et de se laisser emmener dans l’univers de la vraie musique, dans l’univers de letlive tout simplement. Nü Romantics, Good Mourning, America et Who You are Not poursuivent ce bijou acoustique dans un registre plus énergique mais toujours avec la main mise sur ce style qui leur va si bien, et dieu sait comme on en redemande. Ensuite c’est l’explosion, A Weak Ago vient nous rappeler qu’ils savent aussi nous remuer les miches. Un refrain accrocheur, un chant punchy et un riff de guitare magique pour un sourire qui se dessine automatiquement jusqu’aux oreilles. Vous aimiez Billy Talent à l’époque de Fallen leaves ? Vous allez adorer cette chanson ! 

Et puis, le plus Butler de tous les Jason décide de nous prouver une fois de plus qu’il sait chanter, et de quelle manière ! Foreign Cab Rides est une balade progressive, munie d’un instrumental simpliste, mais d’une profondeur dans le chant qui donnerait la chair de poule par 35 degrès. Si vous avez un rencart ce soir, ne cherchez plus la chanson du dernier verre à l’appartement. (Vous trouverez tout de suite le moment de la chanson propice pour aller au charbon). Trois titres plus tard et voilà que le groupe décide d’y aller justement, au charbon, avec Another Offensive Song. Des riffs bien lourd, un batteur qui laisse (enfin) partir ses coups pour une puissance rare et un chant qui passe par tous les états, on a même droit à du scream bien gras, et on adore ça ! On aurait presque l’impression de se retrouver dans leur premier garage de répétition d’il y a 15 ans, back to basics. L’album ainsi que l’aventure letlive se concluent avec le titre If I’m I’m The Devil qui nous rappelle un album de fou. Il propose 5 minutes d’émotion et de classe à l’état pur. Un diamant brut, inébranlable, qu’on a bien du mal à laisser s’en aller dans la poche du premier Anversois du coin.

En bref, c’est à notre sens un superbe au revoir que nous propose ici letlive, et l’idée de le voir se transformer en un adieu nous hante au plus haut point. C’est avec un plaisir manifeste que nous attribuons un bon 8 sur 10 à ce dernier album. Non pas 9 parce que 3 chansons n’ont pas énormément d’intérêt pour les grands nostalgiques que nous sommes déjà. Non pas 10 car comme dirait notre ami Anatole France : « Rien n’est parfait, mais tout se tient, s’étaye, s’entrecroise. » A défaut de ne plus pouvoir croiser letlive, partons plutôt sur un « Chapeau et salut l’artiste !