Loud à Namur : 1 + 1 = Entre 1 et 2 !

Le Loud lancé par le Court-Circuit revient en 2017 sur le même principe que l'édition 2015 à savoir : 4 groupes metal ou à tendance rock dur parmi une centaine groupes ayant posé leur candidature et chacun de ses 4 groupes a droit à une résidence de deux jours suivi d'un showcase pour en montrer le résultat. Le concert de ce samedi 11 novembre au Belvédère de Namur entre dans ce cadre avec à l'honneur les Bruxellois de Concealed Reality, l'un des 4 finalistes. Mais les stars de la soirée sont d'un tout autre style puisqu'il s'agit du premier concert de Do Or Die avec son tout nouveau line-up. Une affiche mêlant 3 groupes metalcore / deathcore modernes suivi de 3 groupes hardcore bien old-school. Un mélange étonnant. Pour un résultat détonnant ? Pas vraiment.

Ce sont les locaux de Down To Insanity qui ouvraient la soirée : un concert un peu spécial pour eux puisqu'en plus d'évoluer à 4 sur scène suite au départ de leur guitariste Lucas, c'était également le dernier concert avec leur chanteur Sébastien. Une performance dont nous n'avons malheureusement vu que le dernier morceau à cause d'une longue route depuis Bruxelles. Seul constat : il y a peu de personnes à 19h au Belvédère pour assister aux premiers notes de la soirée. Dommage.

Le second groupe à monter sur les planches de la salle proche de la Citadelle est donc Concealed Reality, groupe finaliste du Loud. Une salle qu'ils connaissent déjà parfaitement puisqu'ils viennent d'y passer 2 longues journées de résidence à préparer un set dont nous serons les premiers à assister. Un set basé essentiellement sur leur nouvel EP disponible en pré-commande sur les sites habituels et qui sortira officiellement en version physique le 9 décembre lors du Loud Fest au Botanique à Bruxelles. Dernier point à important à noter et non des moindres : c'est le premier concert depuis belle lurette du groupe à 5 et plus à 4 puisque Daan, présenté avant l'été comme second guitariste, peut enfin nous montrer de quoi il est capable. Si ce dernier a peut-être la pression et/ou le stress, sa grande taille lui permettra toutefois de le cacher quelque peu. Mais lui et ses 4 acolytes ont fait le show et montré quelques nouveautés dû à leur résidence, principalement visuellement. Impossible toutefois de ne pas focaliser toute son attention ou presque sur James, front-man un peu fou et on-ne-peut-plus-expressif sur scène : sa musique lui vient du fond des tripes, cela se ressent autant dans son énergique vocale que son énergie tout court. Pour le même prix, en sautant dans la fosse, très aérée, il aurait très bien pu se casser la main. Mais ce n'est pas ce genre de détail insignifiant qui l'arrêtera : on se souvient encore de son concert à Bruxelles alors que sa santé était très mauvaise. Ces dernières années furent tout sauf faciles pour Concealed Reality et pourtant, ils sont toujours là, plus forts que jamais. Leurs derniers singles Oblivion, Hakaï ou Mans Grief sont aussi énergiques et agréables à écouter en live que derrière son ordinateur, malgré un son pas toujours optimal, surtout pour le dernier cité. Les anciens morceaux du groupes comme OMP ou Life Collapse, qui a également souffert de problèmes de son, paraissent bien anciens et d'un tout autre Concealed Reality. Quoi qu'il en soit, la formation bruxelloise, d'origine en tout cas, a montré de beaux progrès et il nous tarde d'entendre l'EP dans son intégralité sur de bonnes enceintes.

© Concealed Reality par BRSA Media.

Ainsi s'est clôturé la première partie de la soirée. Après le jeune metalcore, place au vieux hardcore serait-ton tenté de dire. Suite à une interview de Do Or Die que vous pourrez lire prochainement sur notre site, nous avons dû faire l'impasse sur le show des Français de Hierophant et une partie de Die My Demon, groupe de hardcore venu de Flandres et qui a toujours autant la pêche sur scène malgré un public toujours très clairsemé. Pour une affiche de qualité à un prix démocratique (ndlr. 8€ en prévente), il est vraiment dommage de ne pas voir plus de monde ce soir, d'autant plus un samedi. Le groupe de clôture aurait pourtant pu (dû ?) attirer plus de monde. Do Or Die présentaient en live ce soir son tout nouveau line-up ainsi que deux nouveaux morceaux. Ce fut une surprise pour tout le monde lorsque Chris Michez, leader de la formation montoise, avait annoncé il y a quelques mois le départ de ces 5 acolytes. Peu de temps plus tard, les raisons de ce chamboulement était annoncé : le chanteur souhaitait aux revenir aux sources hardcore du groupe qui était bien plus metal que hardcore sur ces deux derniers disques. C'est donc avec une set-list basée sur les deux premiers disques de la formation, "Heart Full Of Pain" et "The Meaning Of Honor" (2002), que le sextet devenu quatuor revenait sur scène. Fini les deux chanteurs, Chris prend désormais seul la place de front-man même si le nouveau et désormais unique guitariste, Eric, s'occupe également de quelques parties vocales. La section rythmique offre, elle, un sérieux rajeunissement au groupe : Leo à la batterie et Tom à la guitare ne dépassent en effet pas les 30 ans. Deux musiciens qui se connaissent bien puisqu'ils jouent tous les deux également dans Silence Is The Enemy : un tout autre registre ! C'était donc original de les voir passer du metal fusion au hardcore mais avec une certaine réussite : ce hardcore bien roots leur va comme un gant ! A vrai dire, sur ces dernières années, depuis 2013 au moins, ce fut le meilleur concert que l'on ait vu de Do Or Die. Chris souhait de nouveau prendre son pied sur scène et jouer une musique qui lui ressemble : c'est réussi. Même si le public n'a pas vraiment répondu présent, on a quand même pris notre pied, un petit sourire aux lèvres. Un son tranchant, un groupe ravi d'être là, beaucoup de fans de longue date dans le public : tous les ingrédients pour un bon show. Il ne manquait que le gros pit. Ce sera pour une prochaine occasion... où nous serons certainement !

Le Loud a tenté une soirée en mêlant deux styles musicaux et deux publics très différents : si l'on ne dira pas que c'est la seule raison pour laquelle la soirée n'était pas comble, on peut tout de même avancer que ce mix d'affiche n'était pas une grande réussite. Dans notre cas, nous étions venus pour les deux parties mais ce ne fut pas le cas de grand monde. Il nous tarde de revoir Do Or Die avec plus un vrai mosh-pit et Concealed Reality dans des meilleures conditions live. Le 9 décembre au Botanique peut-être ?