On a testé le Tomorrowland allemand | Rammstein


Ce mercredi 10 juillet, on avait deux possibilités : soit aller dans un bar se saouler la gueule pour oublier le triste premier anniversaire de Belgique - France, soit aller justement dans un stade de foot pour passer une bonne soirée en musique. Nous, on a opté pour la seconde solution. Et on n'a pas été déçu du tout !

Bien sûr, quand on parle de stade de football, c'est le lieu. Car, désormais, dans un stade de football, on peut faire bien d'autres choses. De l'athlétisme, de la course à pied, des événements corporate... ou bien, des concerts. C'est cette dernière possibilité qui était au programme. Scène gigantesque installée dans la longueur du stade, des dizaines de milliers de fans en folie. Bref, on se croyait à Tomorrowland dans une version à l'accent plutôt allemand mais toujours bien installé dans notre plat pays. Après tout, il y a tout de même une région germanophone en Belgique : une population estimée à 77.000 habitants. Il semblerait qu'ils étaient presque tous présents ce soir, sans les enfants. Car le public de ce soir a tout d'un coup, sans pour autant avoir choisi l'allemand en secondaires, un high level dans la langue de Goethe

Pour chauffer ce public, il y avait évidemment des frites, évidemment beaucoup de bière (à consommer avec modération) et également un duo de pianistes françaises, Duo Jatekok, installées sur une petite scène face à la Main Stage. Quel choix étonnant ! Il a bien fallu 2 morceaux, au moins, pour que tout le monde se rende compte qu'elles étaient là et que le piano qui résonnait n'était pas un simplement disque. L'idée paraissait bien sur le papier. Mais sur le papier seulement. Car concrètement, ça ne motivait pas grand monde, ni l'adolescent à ma gauche, ni le grand-père à ma droite. Ni moi-même d'ailleurs. Et pourtant, elles reprenaient des morceaux de Rammstein. Non, décidément, quand ça ne veut pas, ça ne veut pas.

Sur l'horaire annoncé sur la toile, le groupe principal devait commencer à 20h40. Rigueur allemande et réputation à tenir, le concert a effectivement commencé à 20h40 exactement. Les 6 gaillards sont arrivés sur cette gigantesque scène home-made, après un doux message en 3 langues demandant de laisser soigneusement son smartphone dans sa poche, avec la rage de vaincre et de prouver que le prix minimum de 89€ pour les voir n'était pas une arnaque. Un prix qui n'avait de toute façon pas empêcher de remplir ce stade en quelques minutes (idem pour leur date à Ostende en 2020).

C'est sur le doux Was Ich Liebe que le show est lancé. Une entrée en matière en douceur. Heureusement, on prendra vite une claque grâce à Links 2-3-4 ! Néanmoins, le nouvel album sera très présent avec pas moins de 8 morceaux sur les 21 de la set-list de ce soir. Bien répartis avec les anciens tubes, cela ne pose pas de soucis mais c'est un peu too much à notre goût (ou "es ist zu viel" comme ils disent), même s'il s'agit d'une tournée promotionnelle.

Il y a une caractéristique propre à Tomorrowland... pardon : propre aux concerts de Rammstein, c'est la quantité d'artifices et le véritable show visuel qui nous est offert en plus de la musique. Et pour cette première tournée des stades dans l'Europe entière, on n'a pas été lésé. Les flammes jaillissent de partout, les confettis aussi et autres artifices en tout genre dont les Allemands ont le secret !

Malgré tout, il a fallu un tiers du set pour que le public soit vraiment motivé à bloc : du moins dans la partie de la fosse où nous étions. Oui, il y avait une belle ambiance. Mais elle est montée d'un sérieux cran à ce moment-là... juste après être d'abord descendu de plus d'un cran avec le DJ Set mélangeant du David Guetta et des musiciens-danseurs à mi-chemin entre Village People et Light Balance. Etait-ce vraiment utile ? Non. Il y avait de quoi caser un autre bon morceau à la place : Amerika ou Asche zu Asche, par exemple.

Cette petite déception passée, il était temps prendre plein la gueule avec un quatuor en or : Mein Teil, Du Hast, SonneOhne Dich. Rien que ça. Autant le dire tout de suite : cela frôlait la perfection. Dure de faire mieux pour finir un concert, avec un long rappel évidemment bien préparé ! Un rappel qui a justement commencé sur la petite scène proche des gradins en compagnie du duo de pianistes Duo Jatekok pour interpréter en acoustique le fameux Engel, un beau moment de karaoké illuminé par les smartphones et autres briquets des fans. Même si certaines personnes étaient déçu de ne pas voir Till Lindemann avec ses ailes de feu. Mais là, on réclame sur des petits détails. Il y avait du feu ailleurs !

Mais une fois ce morceau joué, il faut bien retourner sur la scène principale pour continuer le show. La majorité des musiciens retournent discrètement par où ils sont arrivés. D'autres, parfois, comme Jared Leto (30 Seconds To Mars) passe à travers la foule, accompagné de quelques bodyguards évidemment. Et d'autres comme Rammstein ce soir y retournent simplement en bateau au-dessus le fosse. Il suffisait d'y penser !

Et c'est sur le très dansant Ausländer - avec ses quelques paroles en français - que la fête a repris de plus belle. C'était également le dernier morceau du nouvel album "Rammstein" pour ce soir. L'apéritif avant le final grandiose qui nous attendait, divisé en 2 parties. Tout d'abord, le duo Du Riechst So Gut - Pussy où Monsieur Till Lindemann nous aura littéralement arrosé avec son gros engin. Ensuite, avec le duo Rammstein - Ich Will

Un final évidemment tout feu tout flamme qui nous aura mis une énième claque ce soir ! Alors oui, le show était millimétré au possible, la communication avec le public inexistante à part un merci une fois le concert fini, il y avait beaucoup de morceaux du nouvel album mais quel concert ! Un véritable spectacle comme seul Rammstein en a le secret. Leurs artifices font parti intégrante de leurs concerts depuis toujours et ne servent pas à camoufler des faiblesses musicales. Bravo Rammstein et à l'année prochaine à Ostende !