Our Last Night - Selective Hearing

Our Last Night, c’est ce groupe qui mettait tout le monde sur le cul lorsqu’il débarquait sur le marché en 2008 avec leur album "The Ghosts Among Us". Tout bon musicos de l’époque se rappelle avoir cassé les murs de sa chambre au son de Recovery ! Ils enchaînaient deux ans plus tard avec le superbe, le génialissime, le non moins trépidant "We Will Evolve" qui nous retournait la tête avec des titres comme Elephants ou Distance is Destroying me. Nous avions d’ailleurs eu l’occasion à l’époque d’aller tailler une bavette avec le tant regretté Collin Perry en backstages. Depuis, Our Last Night a considérablement changé de style, proposant des morceaux beaucoup plus commerciaux d’une part, et des covers partant dans tous les sens d’autre part. Beaucoup diront qu’ils ont vendu leur âme au diable mais les vrais sont toujours à l’affût de leurs dernières sorties. 

Du coup c’était avec impatience que l’on attendait le nouveau bijou des ricains, qui n’ont d’ailleurs pas hésité à nous laisser languir. Ils racontent qu’ils « ont préféré construire quelque chose de solide plutôt que de balancer un album sans vrai travail derrière ». Ca y est, deux ans après "Younger Dreams", "Selective Hearing" est là. La date du 9 juin n’est pas anodine, puisque c’est la date d’anniversaire de Trevor, un peu comme un cadeau d’anniversaire de lui à lui-même, le bougre. On a écouté les 7 pistes pour vous et autant vous dire tout de suite qu’on en garde un avis assez mitigé.

L’appréhension commençait peu avant la sortie officielle lorsqu’ils proposaient un morceau teaser Tongue Tied. Techniquement bon, tout comme le son et le mixage qui ne posent aucun problème. Là où le bât blesse c’est plutôt dans l’âme de la chanson, c’est comme attendre un bus qui n’arrive jamais alors que l’horaire est passé de 10 minutes. On attend quelque chose, on attend une étincelle, que ça soit dans la voix ou dans la guitare, mais rien, que dalle, nada. La première chanson de l’album est d’ailleurs un peu de la même trempe malheureusement. On dirait qu’ils effleurent leur sujet sans jamais vraiment y entrer, alors qu’avec Broken lives, il y avait matière à nous emplir d’émotion. Heureusement, ils remontent vite sur leurs grands chevaux. Free Radicals vient nous mettre un coup de fouet qui va piquer jusqu’à la fin de l’album. Des vrais riffs de guitare explosifs, rythmés, le tout accompagné d’une voix parfois criée qui nous avait tant manqué.

Et même si Caught in the Storm et Common Ground font office de pommade pour soulager les plus douillets d’entre vous, il ne fait aucun doute qu’Ivory Tower et Ghost in the Machine sauront vous resservir une ration de baffles. Mention spéciale pour Ivory Tower qui nous ramène 10 ans plus tôt avec un scream digne des grands et une patate que l’on n’attendait plus dans le chef du quatuor. On se surprendrait même de se voir offrir un breakdown, vous avez bien lu, un BREAKDOWN. 

Globalement, avec ce nouvel opus, nos 4 beaux gosses gardent la même recette mêlant une bonne pièce de chateaubriand en plat de consistance et des fraises à la chantilly en dessert. Amateurs de metalcore, vous saurez apprécier deux trois titres sans pour autant repasser dans le coin. Amis éclectiques, vous écouterez l’album long de 25 minutes avec plaisir, sur le chemin des vacances ou autour d’une chipote-la-moi. Fans inconsidérés, vous aurez un avis mitigé mais connaitrez toutes les paroles d’ici deux semaines parce que…c’est Our Last Night bordel !