Papa Roach : un classique pour plusieurs générations !

"Cut my life into pieces. This is my last resort. Suffocation. No breathing. Don't give a fuck if I cut my arm, bleeding." Tout le monde connait ces paroles. Tout le monde les a déjà chanté à tue-tête. Il s'agit évidemment du cultissime Last Resort de Papa roach, vieux déjà de plus de 17 ans ! Néanmoins, à côté d'autres tubes vieux de plus de 10 ans, le quatuor ricain a également sorti d'autres titres depuis mais avec un succès bien moindre... ce qui a eu pour résultat de les voir jouer au Trix devant seulement 1000 personnes ce dimanche 1 octobre. Une salle trop petite pour eux et qui a été évidemment très vite soldout. Retour sur cette soirée de haut niveau !

Remplaçant en dernière minute Frank Carter & The Rattlesnakes, support initialement prévu sur l'ensemble de la tournée, les Belges de Spoil Engine avaient la lourde tâche d'ouvrir cette soirée et chauffer la foule pour Papa Roach. Interview oblige, nous n'avons pas eu l'occasion de voir plus que le dernier morceau de leur prestation mais la foule était déjà bien présente avec un minimum d'ambiance. L'annulation de Frank Carter, groupe à la mode du moment, a eu pour conséquence de voir beaucoup de tickets en vente sur TicketSwap mais force est de constater qu'une grande partie d'entre eux a trouvé preneur. On aurait pu rajouter toutefois 100 personnes dans la salle mais personne ne s'en plaindra : personne n'aime être écrasé comme une boîte à sardines. Encore moins le public de ce soir.

Un public (d)étonnant : en calculer la moyenne d'âge pourrait réserver quelques surprises. Plusieurs générations allant des kids de 15 ans - voire quelques plus jeunes venant avec leurs parents - aux cinquantenaires en passant par les anciens adolescents des années 2000 lorsque que Papa Roach était au summum de leur carrière. Mais avec tous, au moins, un point commun : être fan de Papa Roach et prêt à chanter à tue-tête toute leur discographie ! A ce niveau-là, rien dire, le public a plus que répondu présent !

Avec 15 minutes de retard, Jacoby et sa bande - avec comme petit nouveau, le frère du bassiste comme musicien additionnel derrière les claviers et en guitariste secondaire - débarquent enfin sur scène. Une scène qui parait particulièrement petite pour un grand de leur standing. Chaque musicien a un certain charisme, Jacoby le premier, qui rend leur espace à chacun bien trop réduit pour eux. Bienvenue à un showcase intimiste de Papa Roach spécial pour les fans ! C'est le très rythmé Crooked Teeth, du même nom du nouvel album, qui lance le show et il n'aura pas fallu plus que quelques secondes pour que la fosse soit en feu. Jacoby fait parti de ces chanteurs de légende - dans ce style musical - qui n'ont plus rien à faire pour que le public leur mange dans la main. Ils ont juste à se montrer sur scène ! Mais c'est bien sur les classiques plus anciens du groupe que les fans présents vont prendre leur pied : le doublé Getting Away With Murder / Between Angels And Insects qui suit fera donc parfaitement l'affaire !

Un lancement idéal pour presque 1h30 de show ! Un show où le nouvel album "Crooked Teeth" sera malheureusement mais logiquement bien présenté avec 7 titres. Si certains passent mieux en live que sur disque (None Of The Above notamment), d'autres sont tout autant dispensables (Periscope et Traumatic). Deux autres morceaux très dispensables également, ceux issus du disque précédent : Gravity et Face Everything And Rise. A l'image de ce disque raté - le pire de la discographie pourtant très réussie de Papa Roach -, ces deux titres sont plats à mourir. Enfin, dernier titre pourtant plus que correct en disque mais interprété avec un mauvais choix ce soir : Lifeline, issus de "Metamorphosis" (2008). Une version très lente avec un son qui a eu quelques soucis. La sauce n'a pas pris dans le public, on ne comprenait pas où ils voulaient en venir. Une idée à oublier très rapidement.

Voilà donc pour le négatif. Heureusement, comme toujours avec Papa Roach, il y a beaucoup de positif ! Par rapport à la set-list déjà, on peut noter le retour de She Loves Me Not ! Rien à redire, c'était parfait. Ou presque. L'émotionnel Scars a toujours autant de succès, idem pour Forever, un des grands moments de cette soirée avec le final remplacé par le refrain de In The End de Linkin Park en hommage à Chester Bennington, suicidé cet été à la surprise générale. Ce fut un choc pour tout le monde, y compris pour Papa Roach. Cet hommage est débarqué de nulle part mais a fait mouche immédiatement : un beau moment ! 

Ce n'était d'ailleurs pas la seule cover de cette set-list vu que les quelques 1000 fans présents ont eu droit à Song 2 de Blur : un titre punchy au possible qui correspond parfaitement à Papa Roach ! Après l'ennuyant doublé Periscope / Gravity, c'était plus que bienvenu ! Et avant un rappel évidemment attendu, c'est le meilleur nouveau morceau, Help, qui clôturera cette première fin de concert. "I think I need help" est une parole que l'on retiendra pour quelques années, contrairement aux deux disques précédents. Qui se souvient encore des paroles de "Still Swingin'"? Personne.

Le rappel de 4 chansons contient peu de surprise si ce n'est None Of The Above, nouveau titre passable en live. Mais c'est bien sur les vieux classiques que tout le monde va prendre son pied : Dead Cell d'abord mais surtout le cultissime Last Resort et To Be Loved. A voir les commentaires de quelques personnes, on dirait que certains sont venus spécialement pour chanter "Cut My Life Into Pieces" en live : de la même manière que plusieurs personnes se bougent à un concert de Deep Purple juste pour entendre Smoke On The Water. Mais ce n'est sûrement qu'une petite poignée de personnes.

Quoi qu'il en soit, malgré quelques morceaux plutôt banals, Papa Roach ont fini en trombe ce concert mené d'une main de maître par Jacoby avec un enchaînement de 20 morceaux en moins de 90 minutes avec une énergie toujours au top ! Sont-ils dopés ? Aucune idée. En tout cas, contrairement à d'autres groupes qui ont mal vieilli, Papa Roach ont toujours une pêche d'enfer et un succès qui devrait les faire jouer dans des salles plus grandes que ce petit Trix. Leur place est à l'Ancienne Belgique comme à leur dernière prestation en salle belge il y a 3 ans (soldout). Une prochaine fois peut-être ? Avant ça, ce sera sûrement sur la pleine de Dessel pour le Graspop que l'on reverra ces Ricains en terres belges !

Set-list : Crooked Teeth, Getting Away With Murder, Between Angels And Insects, Face Everything And Rise, Geronimo, Born For Greatness, She Loves Me Not, Scars, Periscophe, Gravity, Song 2, Traumatic, Forever (+ In The End), American Dreams, Lifeline, Help // Rappel : None Of Above, Dead Cell, Last Resort, To Be Loved.