Parkway Drive : Un groupe taillé pour les arènes !

Ce mardi 5 février 2019, Parkway Drive a continué de déjouer les pronostics les plus fous en étant le premier groupe typé metalcore à s'offrir Forest National en tête d'affiche. Certes au format club mais avec une capacité affichant tout de même 4500 places. Une nouvelle performance 5 étoiles comme d'habitude et que l'on ne pouvait évidemment pas rater ! 

Mais avant de voir débarquer les stars de la soirée, ce sont d'autres Australiens qui avaient la charge de chauffer le public : Thy Art Is Murder. Des habitués des tournées de Parkway Drive : ils étaient déjà en ouverture de leur précédente grosse tournée en salle début 2016 lorsqu'ils avaient rempli l'Ancienne Belgique (ndlr. On met ici de côté le Unbreakable Tour d'avril 2017 où le groupe tournait principalement autour des Impericon Festivals et du Groezrock). Et, même si le concert s'est un peu mieux déroulé que cette froide soirée à l'AB, ce n'était pa non plus la folie hier soir. Mené par un CJ toujours aussi zen et farceur qui nous énuméré sa liste de joueurs de football belges préférés (Lukaku, Hazard, etc.) mais sans Lee à la batterie, leur musique n'a pas eu beaucoup de répondant dans le public. Un très petit moshpit, quelques lignes de refrains repris par quelques fans présents mais ça s'arrête là. Les tubes que sont Holy War ou Reign Of Darkness n'auront pas réussi à motiver plus que ça le public belge. A charge de revanche cet été probablement au Alcatraz Festival ?

Set-list : Dear Desolation, The Purest Strain Of Hate, Holy War, Reign Of Darkness, The Son Of Misery, Puppet Master.

Credits : James K. Barbosa / BRSA Media pour MusicAll.

C'est un gros morceau qui nous est servi ensuite avec Killswitch Engage, un des fers de lance du metalcore ancienne génération - celui des As I Lay Dying, Unearth et autres All That Remains. Malheureusement, la majorité des personnes présentes n'a d'yeux que pour Parkway Drive et le show de KSE va vite paraître long et un peu ennuyant. Initialement prévu pour 50 minutes, leur set durera à peine plus de 40 minutes. On était loin du succès de leur prestation au dernier Graspop ! Est-ce que la set-list peut être une des raisons ? Vu le peu de différence entre les deux, non. Est-ce que peu du public connaissait le groupe ? Vu le succès correct de My Last Serenade hier soir, on serait tenté de répondre par la négative. C'était simplement un jour sans : le public n'était pas là pour eux et le groupe n'a pas réussi à les convaincre de s'activer un peu dans la fosse. Dommage. 

Set-list : Strength Of The Mind, The End Of Heartache, Beyond The Flames, Rose Of Sharyn, My Curse, The Fire Burns, Hate By Design, Always, My Last Serenade, A Bid Farewell, In Due Time.

Credits : James K. Barbosa / BRSA Media pour MusicAll.

Il est 21h15. Les lumières s'éteignent. L'intro résonne dans les travers de Forest National. Cette fois, c'est la bonne : le show de Parkway Drive peut commencer. Et de quelle manière ! A la façon d'un Rocky, les 5 Australiens, entourés de gardes du corps bien sûr, passent à travers la fosse pour rejoindre la scène. Venir directement des backstages à la scène ? Totalement has-been voyons ! Une chose est sûre : ils ont mis en place une véritable mise en scène et mis la barre un niveau au-dessus de ce qui était prévu au dernier Graspop... ou presque. 

Sans surprise, c'est sur la première piste de "Reverence", Wishing Wells, que le concert est lancé avec cette magnifique intro signée Winston McCall tout en crescendo avant de crier "Until I'm Done" ! Le début de 1h30 de folie avec un groupe en grande forme et un public enfin réveillé, le total opposé de l'ambiance des premières parties. Et contrairement aux sets de Killswitch Engage et Thy Art Is Murder, nous étions cette fois-ci, évidemment, dans la fosse pour profiter pleinement de ce show mais cela devait être plutôt impressionnant vu des gradins (ndlr. Comme le prouve la photo de notre photographe ci-dessous) ! Surtout avec des hymnes typiquement écrits pour des concerts en arènes comme ce soir tels que Prey, second morceau de la soirée, The Void, Vice Grip ou, dans un style différent, Cemetery Bloom. A noter d'ailleurs pour le dernier cité, la nouvelle performance en solo sur la quasi totalité de Winston, décidément fort mis en avant avec ce nouvel album.

Credits : James K. Barbosa / BRSA Media pour MusicAll.

Jusqu'ici, après 6 morceaux, le public avait fait son boulot chantant les mélodies des morceaux, les refrains et à mettre l'ambiance comme il se doit. Par contre, pour le groupe, ou du moins la performance générale, on en attendait un poil plus : où sont les nombreux artifices de la grosse production vantée par le groupe en amont à cette tournée ? A part 2-3 pétards par-ci par-là, on fait chou blanc. D'autant que l'on n'a pas eu droit aux torches dignes de la Flamme Olympique lors de l'entrée sur scène du groupe. Heureusement, notre frustration commencera à être en partie comblée par la suite : un feu d'artifice pour accompagner le solo de The Void et, enfin, des effets pyrotechniques sur Dedicated

Dans un tout autres style, loin des flammes, c'est l'apport de 4 violonistes pour Writings On The Walls qui vaudra le détour. Un peu d'élégance et surtout de calme - tout est relatif bien sûr - ne fait pas de tour vu la débauche d'énergie dans la fosse. Ainsi que sur scène ! Un autre morceau également taillé pour les énormes salles comme Forest National. Des violonistes qui sont également restés sur scène pour le titre suivant, Shadow Boxing.

Des cordes que l'on verra encore sur The Colour of Leaving joué en duo entre le violoniste et Winston posés dans les gradins à l'autre bout de la salle. Cela nous rappelle presque la mise en scène d'un certain Jared Leto (30 Seconds To Mars) pour jouer The Kill en acoustique... Heureusement qu'il y avait eu Wild Eyes et, dans une moindre mesure, Chronos pour rebooster un peu la soirée car cette fin de set était un peu trop douce. Un fin de set qui arrive d'ailleurs à grand pas puisqu'il ne reste qu'un court rappel de 2 morceaux : sans surprise, Crushed suivi de Bottom Feeder. Et au niveau visuel, on restera également un peu sur notre faim avec cette absence d'artifices sur Crushed alors que les autres concerts chez nos pays voisins ont eu droit un véritable barbecue géant ! Mais le final grandiose sur Bottom Feeder nous a laissés partir avec un grand sourire aux lèvres. Le même que nous avons eu pendant tout le concert. 

Credits : James K. Barbosa / BRSA Media pour MusicAll.

On a beaucoup parlé dans cet article des artifices et de la mise en scène de Parkway Drive : beaucoup de personnes soutiendrons que cela passe au second plan, que ce n'est pas le plus important. Ce qui, en soi, est tout à fait vrai. Mais une thèse que d'autres soutiendrons est qu'avec une salle de cette envergure, l'augmentation du prix du ticket et le teasing sur la production prévue pour la tournée, on pouvait s'attendre à plus. Et avoir au moins le même show complet qu'en Allemagne ou en Angleterre. Il y a lieu ici de choisir son camp ou de soutenir un troisième avis à mi-chemin entre les 2 premiers explicités. 

Quoi qu'il en soit, nous serons certainement tous d'accord pour dire que c'était un très bon concert, sans être forcément le meilleur. Dans l'équipe, notre préférence ira au show fait au Graspop il y a 8 mois où le nouvel album "Reverence" n'était pas surreprésenté comme ce soir (50% de la set-list). D'autres retiendront peut-être le concert intimiste fait à l'AB Club en mars. Et vous ?

Ce mardi 5 février 2019, Parkway Drive a continué de déjouer les pronostics les plus fous en étant le premier groupe typé metalcore à s'offrir Forest National en tête d'affiche. Certes au format club mais avec une capacité affichant tout de même 4500 places. Une nouvelle performance 5 étoiles comme d'habitude et que l'on ne pouvait évidemment pas rater !