Sum 41 - 13 Voices

Sommes – nous vraiment en 2016 ?! Voilà une question qui est légitime de se poser quand on voit les dernières sorties d’albums, les annonces de tournées ou le retour de certains groupes… Rien qu’en ce vendredi 7 octobre, nous avons droit aux nouveaux disques de NOFX, Green Day qui annonce un retour aux sources (souvent synonyme d’échec) et donc Sum 41 avec le retour de Dave Baksh dans la formation. A côté de ça, on a Bullet For My Valentine qui fait une tournée pour fêter le dixième anniversaire de leur album « The Poison » sorti en 2005, les Guns N Roses annoncent une tournée européenne avec le retour de Slash et Duff pour presque reformer le line-up originel. On a également eu le premier album de Metallica en 8 ans, un nouvel album également de Blink 182, l’annonce du premier album de System Of A Down en 12 ans. Ajoutez à cela la mode sans cesse croissante des vinyles et on se demanderait presque si on n’a pas fait un retour dans le temps, style Flash ou Superman !

Quoi qu’il en soit, jusqu’à preuve du contraire, nous n’avons pas changé d’époque et ce nouveau disque de Sum 41 est bel et bien là, en chair et en os… ou plutôt de polycarbonate et de metal. Tant qu’à faire, on l’a un peu décortiqué avec beaucoup de hâte tel un gamin qui déballe à toute allure ses cadeaux de Noël ! Ce 7è disque des Ricains étaient très attendu : le premier depuis le retour de Dave Baksh en 2015, le premier depuis que Deryck Whibley en a apparemment fini avec ses problèmes d’alcool, le premier avec Frank Zummo à la batterie… bref, beaucoup de premières qui annonçaient, à priori, que du bon !

Comme on pouvait s’y attendre, c’est un disque assez sombre autant dans la composition que dans les textes. Quelques extraits choisis : « Je ne suis pas votre sauveur ou un saint, pas besoin de prier pour vous échapper ; je serai juste là pour vous tirer une balle dans la tête » (13 Voices), « Les jours passent comme si je sauvais le temps perdu ; je ne suis pas bien, je pense que je suis tombé dans le mensonge » (Breaking The Chain) ou encore le « Vous êtes tous morts pour moi » crié à tout va dans A Murder Of Crows en référence à ses anciennes connaissances nocives. On ose imaginer l’état psychologique et même physique dans lequel il devait se sentir lorsqu’il a écrit toutes ces lyrics.

Mais en soi, musicalement, que vaut vraiment cet album ? Il n’est ni bon, ni vraiment mauvais. Il est juste très décevant par rapport aux attentes qui étaient légitimement placées en lui. Un peu trop peut-être ? Avec les problèmes d’alcool de Deryck résolus et le retour à la guitare de Dave, on espérait trop un album au niveau de Chuck alors que l’on devrait savoir que ça n’arrivera plus ? Les 10 titres que comporte ce 7ème opus manquent de spontanéité, manquent parfois d’originalité et de ce petit quelque chose qui nous fait décoller de notre siège en les écoutant. Ce sentiment qui nous donnait des frissons en écoutant une chanson. Sum 41 ont voulu sonner bien plus heavy avec une grosse production bien propre et moderne, pas mal d’effets dans la voix de Deryck… etc. Tout ceci ressemble plus à une mascarade pour cacher un manque d’imagination de la part des Canadiens. Le morceau qui reste le plus en tête après plusieurs écoutes complètes de ce « 13 Voices » ? Leur balade, War, sans hésitation. Tout le reste, assez homogène, est un bon cran en-dessous. Dans la catégorie guitar-hero, on notera Goddmamn I’m Dead Again avec son solo de guitare. Dans la catégorie heavy à souhait, en plus du précédent cité, on notera notamment There Will Be Blood et God Save Us All.

Sum 41 a voulu sonner un peu moins punk-rock qu’à leurs habitudes. Ils ont tentés sans arriver à convaincre. Si on devait leur mettre une note, ce serait un 11/20. Le très critiqué « Underclass Hero », souvent cité comme le moins bon album du groupe, n’a pas du tout à rougir à côté de ce décevant « 13 Voices » !