Sum 41 : plus qu'un concert, un karaoké !

Que vous étiez à l’Ancienne Belgique ou au Nou Camp hier, vous avez passé une soirée inoubliable… même si vous êtes fan du PSG. Pour la petite histoire, le Barça a réussi l’exploit de battre le PSG 6-1 alors qu’ils avaient perdu 4-0 au match aller : match que nous avions raté car nous étions au splendide concert d’A Day To Remember ici à l’AB. Hier, nous avons également raté ce match historique (ce n’est pas la même chose à la TV de toute façon). La raison ? Une des idoles d’une grande génération de kids faisaient leur retour dans une salle belge pour la première fois en plus de 6 ans : Sum 41 !

La mise en vente des tickets était déjà un bon indice sur la folie qui allait alimenter ce concert : soldout en une journée. Un exploit que les A Day To Remember, Parkway Drive et consort n’ont jamais réalisé. Ces derniers ne sont pas non plus aussi rare que le combo canadien. Un combo qui a retrouvé un ancien comparse depuis 2015 avec le retour de Dave, guitariste presque originel de la formation et un des grands artisans du succès planétaire de Sum 41. Cela se ressent évidemment dans leur nouvel album “13 Voices” bien plus typé metal que le décevant “Screaming Bloody Murder” et le très bon mais plus punk “Underclass Hero”. Tournée promo oblige, il représentera près d’un quart de la set-list, soient 6 morceaux… Oui, 6 morceaux sur 27 (22.22% pour être précis). Deryck et ses collègues ont décidé de se faire plaisir et également de nous faire plaisir sur cette tournée. Tant mieux !

Avant de les voir débarquer sur les planches de la célèbre salle du Boulevard Anspach, le public présent a eu droit aux belges de F.O.D ainsi qu’à Hollerado. En ce qui nous concerne, nous avons dû faire l’impasse sur ces premières parties alléchantes sur le papier. Mais ce n’est certainement que partie remise ! C’est quelque peu avant 20h30 et l’intro de Sum 41 que nous sommes arrivés dans la salle. Ou plutôt, dans une boîte à sardines (Ah qu’est-ce qu’on y est serré…). C’est intéressant de voir la différence possible entre deux concerts soldout à l’AB : avoir 2000 personnes autour de soi et avoir tout de même un minimum d’espace vital ou être serré, très serré, comme c’est le cas ce soir. Quoi qu’il en soit, serré ou pas, tout le monde était prêt à donner de sa personne et surtout de sa voix pour profiter de ce long concert !

Et c’est sur les chapeaux de roue que la fête a débuté car, oui, on peut vraiment parler de fête entre copains ce soir : A Murder Of Crows et Fake My Own Death. Deux nouveaux morceaux qui ont lancé le concert de la plus belle des manières mais le premier point d’orgue, premier d’une longue série, a été le troisième titre joué : The Hell Song. De loin, on entendait à peine la voix de Deryck, camouflée par les voix de 2000 fans en délire. Imaginez un karaoké mais avec un groupe live. Ensuite, en 4 morceaux, nous avons fait un tour dans plus de la moitié de leur discographie passant du cultissime Over My Head vieux de 15 ans à Screaming Bloody Murder, titre issu de l’album du même nom qui ne fut pas un grand succès en passant par le nouveau Goddam I’m Dead Again, titre phare du nouveau disque, et Underclass Hero, dont l’album fêtera déjà ses 10 bougies cet été. Ca chante autant que possible mais ça bouge aussi autant que possible. Ouvrir un pit ou lancer un circle-pit était assez compliqué vu la densité du public. Les rares fois qu’ils y sont arrivés, cela n’a pas duré bien longtemps. La vue de la fosse depuis les balcons valait le coup d’oeil !

L’énergie déployée en seulement 7 morceaux, à la fois par le groupe et le public, est énorme. La communion est totale et il faudrait vraiment être un rabat-joie ou ne peut pas être à sa place dans la salle ce soir pour ne pas prendre son pied. La seule chose qui pourrait peut-être nous décevoir est le prix exorbitant du Monster au bar : 5.40€ pour 25cl… plus cher qu’en festival donc. Bravo. Deryck en a fini avec ses problèmes de drogue et c’est tant mieux pour le spectacle : même s’il a désormais la peau sur les os, il a une réserve d’énergie qui nous rappelle presque ce bon vieux Billy Joe Amstrong (Green Day donc). Les 7 prochains morceaux seront à l’image des 7 précédents : un tour dans leur discographie avec une petite mise en avant du nouveau disque avec War et Motivation mais le point d’orgue de cette partie est à coup sûr We’re All To Blame. Big up aussi à la courte cover de Black Sabbath qui a tout de même eu un certain succès dans le public.

Mine de rien, l’heure passe. Les morceaux s’enchaînent, tube sur tube ou presque et on approche de l’heure de set. Ou l’a-t-on déjà dépassée ? Dure d’en être sûr tant nous sommes déconnectés du reste du monde. Même s’il y avait l’apocalypse dehors, ce serait le cadet de nos soucis ! Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises puisque l’ami Deryck a décidé de prendre un mini bain de foule pour se retrouver sur sa petite scène installée à la côté de la régie d’où il interpréta With Me en semi-acoustique. Splendide. Alors, évidemment, les smartphones et autres appareils photo de poche (oui, on en voit encore quelques uns en concert) sont de sortie pour immortaliser le moment : seul moment pour une partie du public de voir Deryck de si près. Mais étonnement, les smartphones n’ont pas été trop souvent de sortie pendant ce concert. Et ce n’est pas plus mal, bien au contraire !

Classique des gros concerts : place au solo de batterie. Sympa mais sans plus. Mais ça a permis de garder l’ambiance au top niveau ou réveiller ceux qui seraient déjà fatigués d’une telle dépense d’énergie. Pour la défense de certains, il faut tout de même féliciter l’AB pour ses sièges très confortables dans les gradins meilleurs que certains cinémas. La fin du concert est malheureusement proche mais heureusement pas tout près non plus ! No Reason et leur cover typé punk de We Will Rock You sont là pour nous le rappeler. Deux amuses-bouche très agréables avant le gros plat principal qui nous attend : Still Waiting et In Too Deep. Bam. Rien que ça. Le tout introduit par quelques coups de fumigènes : pas les premiers ni les derniers de la soirée d’ailleurs. Des tubes et encore des tubes. On ne peut que vous conseiller de jeter un oeil à cette vidéo d’un fan qui a pris la peine de filmer ces deux morceaux : http://bit.ly/2n3O04J !

Après un faux départ, les Canadiens reviennent rapidement sur scène pour un long rappel pour notre plus grand plaisir ou plutôt Deryck est revenu sur scène pour nous interpréter d’abord quelques notes en solo. Le piano est de sortie : place à Crash. Sortez les lumières, votre petite larme au bout de l’oeil et soyez prêt à chanter. Encore et encore. Merci Deryck d’avoir arrêté la drogue ! Tant que le piano, nous aurons même droit à l’introduction de Pieces au douces notes du Mozart en herbes au lieu des guitares originelles. Mais toutes les bonnes choses ont une fin et il ne reste que 2 morceaux : le très énergie Welcome To Hell et surtout Fat Lip. Un final avec un grand F ! Un final qui n’en était pas vraiment un vu que l’on a eu droit à un second rappel 100% glam avec Pain For Pleasure. Un morceau rapide, court mais tellement fun. Une dernière occasion de nous montrer que le groupe continue à prendre du plaisir, ne se prend pas la tête et nous rappelle que c’est un groupe punk à la base.

Le concert aura donc duré 1h45 avec près de 27 morceaux issus de tous leurs albums. Un fait assez rare pour un groupe que pour être signalé ici ! Comme nous l’a rappelé Deryck, le groupe souffle ses 20 bougies cette année : c’est beaucoup et peu à la fois. Le groupe a un tel succès depuis tant d’années que s’ils fêtaient leurs 30 ans, ce ne serait pas plus choquant que ça. Quoi qu’il en soit, nous ne sommes que début mars mais on tient déjà un des meilleurs concerts de l’année à n’en pas douter. Et par rapport à nos pays voisins, on peut être heureux de pouvoir encore les voir dans une si petite salle par rapport au succès du groupe. La Lotto Arena la prochaine fois ? Mais avant ça, ce sera la Main Stage du Graspop. Sum 41 n’auraient pas pu signer meilleur retour dans une salle belge et on espère vraiment qu’il ne faudra pas de nouveau attendre plus de 6 ans avant la prochaine fois !