The One Hundred, la félicité dans le chaos

Anvers, février 2016, concert de Crossfaith. Le groupe local qui débutait la soirée termine son set et laisse la place à la formation suivante. Il y a de ces découvertes que vous n’attendiez pas et qui vous mettent une énorme claque dans la gueule, dire que ce fut le cas avec The One Hundred relève du pléonasme. À cette époque, le jeune groupe anglais n’avait encore à son actif qu’un EP de six titres certes solides, mais qui laissait comme un léger goût de trop peu une fois la dernière note éteinte. Les choses sérieuses s’annoncent en septembre 2016 lorsque le groupe annonce sa signature chez Spinefarm Record, l’une des antennes d’Universal, et la sortie de son premier véritable album pour début 2017.

Une signature dans une major, pour ce genre de groupes, ça fait toujours un peu peur. La grande question était donc de savoir si The One Hundred allait sortir un album à la hauteur de leur live. Brisons d’emblée le suspens, ils ont réussi, largement. L'ensemble de l'album est plus agréable à écouter, la production est bonne même si les morceaux ne dévoilent leur véritable dimension que lorsqu'on les écoutes avec une bonne sono ou un bon casque. A aucun moment on ne s'ennuie, le quatuor parvient à varier les sonorité pour que chaque chanson ait sa personnalité propre. Bien sûr, tout n’est pas parfait, « Dark Matters », premier single, est clairement le morceau faible de l’album au même titre que « Who we are now ». Des titres pas mauvais en soi qui passent rapidement au second plan tellement les autres surnagent.

La vérité, c’est que le titre de l’album, « Chaos & Bliss » ne pourrait coller davantage à ce qu’il contient. De chaos, il est clairement question, le mélange métal, punk, rap/scream et électro à donné naissance à des titres sans concessions, rapides, agressifs, puissants et extrêmement efficaces. Après l’instrumental « Fake Eyes », qui rappelle les influences rap de la formation, et le furieux « Hands of Science », les chansons se font plus calmes et on atteint le « Bliss »(en français, félicité, béatitude) avec « Boomtown » et l’intervention surprenante, mais néanmoins agréable d’une voix féminine. Enchaînement avec « Blackjack » qui continue dans la félicité avec plus de chant clair, mais qui finit par retomber dans le côté chaos avec ce qui est peut-être le meilleur breakdown de l’album. Et, finalement, c'est peut-être dans le chaos que l'on trouve la félicité

Parler de toutes les chansons reviendrait à vous gâcher le plaisir de la découverte, mais s’il fallait n’en sélectionner que trois ce serait sans doute « Monster » tellement le titre illustre parfaitement le style du groupe (ou plutôt son mélange de style), « Disengage » pour son refrain hyper efficace et la chanson éponyme « Chaos & Bliss » pour sa brutalité jouissive. Avant de pouvoir les découvrir en live, puisque leur tournée européenne a été reportée, plongez-vous les yeux fermés dans « Chaos & Bliss » de préférence avec une bonne sono et le volume à fond.