Trade Wind

Salut Jesse ! Tu viens de jouer ton premier concert en Europe avec Trade Wind avec une formation complète. Quel effet ça fait ?

Cela fait plaisir d’enfin pouvoir jouer vu qu’on avait dû annuler notre première tournée (ndlr. en octobre dernier avec Sight And Sounds à cause de problème de santé de Jesse). Que le Groezrock soit notre premier show, c’est vraiment énorme ! Et honnêtement, on a mieux joué qu’on ne l’espérait. On avait juste répéter la veille et putain, ça sonnait mal… Et quand on est sorti tantôt de scène, on s’est crié : « What the fuck ! C’était énorme ! ». On a vraiment kiffé.

Je confirme, j’y étais et c’était vraiment pas mal ! Tu as d’ailleurs un programme chargé ce weekend : un long vol pour répéter avec Trade Wind hier (ndlr. Il était à Barcelone la veille), le concert intimiste pour Stick To Your Guns, les deux concerts aujourd’hui & puis une longue route jusque Munich demain… comment tu te sais ?

Je suis claqué mec ! J’attends avec impatience de pouvoir vraiment dormir une bonne nuit. Les répètes et le concert hier puis comme tu as dit, on joue à Munich demain et ce n’est vraiment pas tout près… Mais bon, c’est cool quand même, je ne vais pas me plaindre d’avoir la chance de tourner avec mes deux groupes ! Je prends énormément de plaisir à faire tous ces concerts mais c’est juste un peu fatiguant, usant pour le corps.

Tu joues dans Trade Wind et Stick To Your Guns, Tom a Stray From The Path en plus de Trade Wind : chacun des programmes très chargés. Vous avez déjà pensé à faire une tournée commune avec tous vos groupes ?

On n’a jamais vraiment voulu faire tourner nos groupes ensemble : ce sont des univers assez différents. Des tournées communes de STYG et SFTP, il y en a eu plusieurs et il y en aura encore. Mais une tournée STYG + Trade Wind ou SFTP + Trade Wind, ça ne se fera jamais, à priori. De plus, on a des agendas tellement remplis, c’est dure de prévoir du temps pour tourner avec Trade Wind. Mais on prépare déjà un nouvel album et j’espère qu’on pourra venir faire une bonne vraie tournée européenne pour le présenter.

L’année passée, vous avez quand même fait quelques concerts de Trade Wind à l’occasion de la tournée STYG + SFTP : des shows acoustiques avec juste toi et Tom. Comment vous est venue cette idée ?

Au fait, c’est Nanouk d’Avocado Bookings qui gère les tournées des deux groupes, qui émis l’idée en premier : « Hey les gars, comme vous tournez ensemble, ça vous dirait de faire quelques shows de Trade Wind en acoustique ? » et lui a dit pourquoi pas mais à condition que ces concerts soient officiellement des concerts à part de notre tournée. Il était hors de question d’avoir Trade Wind comme groupe d’ouverture pour ensuite avoir SFTP et STYG. C’est pour ça que la plupart de ces show acoustiques avaient lieu après le concert et dans une autre salle. Et ça s’est vraiment super bien passé comme en Belgique où on a joué dans la petite salle du Trix à l’étage dans l’après-midi avant de jouer un concert soldout en bas !

On peut dire qu’il a eu une bonne idée ! Sinon, question classique mais toujours bonne à poser : pourquoi le nom Trade Wind ?

C’est une longue histoire ! On a essayé plein de noms mais ça n’allait jamais. Je proposais un nom puis un autre mais Tom disait non à chaque fois. Il a proposé des noms mais je refusais également. Une fois que tu choisis un nom, il reste gravé à jamais parce que ça craint de changer de nom en cours de carrière, du coup c’est une décision importante et on n’arrivait pas à se mettre d’accord. Et puis dans la liste des noms proposés, on a sorti "Trade Wind" et on est tombé d’accord sur celui-là. Il n’y a pas de réelle signification derrière ou toute une symbolique, c’est juste un des nombreux noms que j’ai imaginé dans ma tête qui donnaient bien.

Ca reste facilement en tête en tout cas. Vous avez également lancé votre propre label pour la sorti de votre premier album, exact ?

Effectivement, c’est un label créé par Tom et moi-même. On y a sorti notre premier EP ainsi que notre nouvel album, surtout parce qu’on voulait le sortir sur vinyle et gérer ça nous-mêmes.

Quand vous avez lancé le groupe, est-ce que tu n’avais pas un petit peu peur que le public vienne plutôt vous voir en concert en se disant : « Je vais voir le chanteur de Stick To Your Guns de plus près dans une petite salle » plutôt qu’en étant vraiment intéressé par la musique de Trade Wind ?

Je pense que jusqu’ici, le public est un mix des deux. Personne ne s’attendait à ce qu’on lance un nouveau groupe et encore moins dans ce style-là donc ce sont surtout des curieux qui se sont d’abord intéressés à Trade Wind. Ce qui me dérange un peu, c’est que des gens s’intéressent seulement au groupe parce que je suis dedans ou Tom est dedans. Je veux que chacun ait un avis sur notre musique en mettant de côté STYG. Même si les gens n’aiment pas, au moins c’est bien la musique de Trade Wind qu’ils n’aiment pas. Je n’ai pas envie d’entendre : « Je n’aime pas l’autre groupe de Jesse ». Ce groupe a un nom : Trade Wind. Ou entendre des gens dire : « J’aime cette musique parce que c’est le groupe de Jesse de Stick To Your Guns » ou « Je n’aime pas Trade Wind parce que je n’aime pas Jesse »… Donnez une chance à ce groupe comme si c’était un groupe sorti de nulle part, pas comme étant un side-project de musiciens que vous connaissez déjà.

Est-ce que tu as déjà eu une proposition de tournée pour Trade Wind qui tombait en même temps qu’une pour Stick To Your Guns ? Comment choisir ?

C’est arrivé très récemment ! On nous avait proposé d’ouvrir pour un gros groupe mais on a refusé : priorité à Stick To Your Guns. Ca n’a pas mis de malaise dans Trade Wind, je te rassure. Evidemment, ça craint mais je suis sûr qu’on aura d’autres belles opportunités, que ça collera bien à nos agendas et qu’on saura le faire.

Je suppose que tu ne me diras pas quelle tournée c’était…

Non, secret !

Dommage ! Sinon, par rapport au line-up actuel, c’est la première formation officielle. Pour le premier EP, c’était le batteur de Stray From The Path qui avait enregistré pour vous mais pas ici. Comment avez-vous choisi les autres membres ?

Notre bassiste actuel, Rendy, est celui avec qui nous avons enregistré notre EP et on a toujours travaillé avec lui en studio pour Trade Wind. Il bosse dans le studio où on a enregistré les deux disques. C’est un super bassiste et quand on a décidé d’avoir une formation complète, c’est tout naturellement que le choix s’est porté sur lui. Quant à Andrew, il jouait dans un groupe qui s’appelait Structures mais le groupe est fini et il était libre donc on lui a proposé et le voilà désormais batteur de Trade Wind !

Les paroles de l’album racontent toutes des histoires assez personnelles. Est-ce que ce sont des histoires que tu as toi-même vécues ?

Je me suis récemment séparée de ma fiancée avec qui j’étais depuis 7 ans et j’ai une nouvelle copine maintenant mais notre début de relation a été assez spéciale malgré que l’on s’aime vraiment énormément. Il y a eu des complications… Depuis 2 ans, ma vie sentimentale a été très mouvementée. Quand tu es dans un groupe très actif comme Stick To Your Guns, ça a évidemment un impact sur ta vie sociale. C’est parfois compliquer de donner à ta copine ce dont elle a besoin et en même temps donner le maximum également pour que ton groupe fonctionne.

Il faudrait peut-être prendre sa famille en tournée… Je sais que la femme de George est avec lui ce weekend par exemple.

Effectivement, ça s’est bien fait pour lui. Tu sais, j’ai toujours dit à ma copine que si elle voulait venir sur n’importe quelle tournée ou concert, on pouvait s’arranger mais voilà, ça ne s’est jamais vraiment fait. Pour lui, ça a pu se faire ici et je suis vraiment content pour lui. En ce qui me concerne, je mets un peu de côté ma vie sentimentale pour me concentrer sur ma vie au jour le jour.

J’ai été très étonné également de voir que tu chantais une chanson en français sur le nouvel album…

C’était pour Sophie, elle venait de le partie francophone du Canada. J’ai essayé d’écrire les paroles moi-même directement en français puis je les ai montrés à des potes qui gèrent le français pour avoir leur avis et… ce n’était pas glorieux. Ils m’ont aidé à améliorer ça.

Et est-ce qu’on a une chance de l’entendre un jour en live ? Par exemple pour une date en Belgique ou en France.

Pour une prochaine tournée avec un long set à préparer, on connaîtra toutes nos chances pour le live donc oui, il y a une chance qu’elle soit jouée mais on verra d’ici là parce qu’on aura aussi un nouvel album. Mais ce serait vraiment cool de la chanter devant un public francophone !

Je croise les doigts ! En tout cas, on peut dire que tu as toujours été très actif en dehors de Stick To Your Guns puisque tu avais aussi lancé le groupe Cold Snap il y a 4 ans. Vous aviez d’ailleurs sorti une démo 2 titres. C’était un one-shot ou tu penses donner suite à ce projet un jour ?

J’avais lancé ce projet quand j’étais à Montréal. Ici, je suis revenu à Los Angeles donc on y a mis un terme mais je pense qu’on refera quelque chose un jour mais avec un album complet. C’est dure de trouver du temps malheureusement pour ça mais j’ai beaucoup de compositions que j’aimerais travailler avec Cold Snap.

Stick To Your Guns que tout le monde connaît, Cold Snap qui est vraiment dans le hardcore très old-school, Trade Wind qui est bien plus doux… est-ce que tu as des idées en tête pour un autre projet dans un style encore différent ?

Tout à fait ! J’ai un autre projet pour lequel on va sortir un premier disque plus tard dans l’année ! Une sorte de projet un peu solo, je ne peux pas t’en dire plus pour l’instant parce que ça ne dépend pas que de moi mais ça va venir. J’ai tellement d’idées en tête tu sais, je pourrais encore lancer un cinquième projet déjà maintenant !

Avec ces différentes ambiances, ça ne donne évidemment pas la même chose sur scène. Pour Stick To Your Guns, on te doit toujours hyper-actif alors que pour Trade Wind, comme tu joues également de la guitare, tu es beaucoup plus posé. Qu’est-ce que tu préfères ?

Je vais sûrement t’étonner mais plutôt calme comme Trade Wind ! Avec STYG, ça fait parti du style, tu sautes dans tous les sens pour chanter, ça fait parti de cette énergie hardcore. Mais parfois, tu te retrouves avec plein de gens qui t’écrasent pour chanter et c’est assez éprouvant !

Réponse de fait étonnante et c’est là-dessus que se conclut cette interview ! Comme d’habitude, merci d’avoir pris du temps pour répondre à mes questions et on se revoit bientôt pour Trade Wind ou Stick To Your Guns !

Avec plaisir et on se reverra d’office en Belgique plus tard dans l’année (ndlr. Il sera de fait à l'Ancienne Belgique le 26 novembre avec Stick To Your Guns) !