Void Of Vision - Children Of Chrome

Depuis l’émergence de Parkway Drive, la scène australienne a beaucoup plus de visibilité et on s’intéresse désormais aux groupes dès leurs débuts comme c’est le cas sur le vieux continent ou aux States. Tant mieux, cela permet de faire plus de découvertes venant du pays des kangourous sans devoir attendre qu’ils sortent au moins un ou deux disques. Dans la liste de jeunes groupes australiens dévoilés aux yeux du monde entier, on peut donc désormais rajouter Void Of Vision. Formé en 2013 seulement, le quintet originaire de Melbourne s’est vu proposer un contrat chez UNFD / Rise Records pour leur premier album intitulé « Children Of Chrome ». Il est vrai que les jeunes d’aujourd’hui ne connaissent plus Internet Explorer… bref.

L’album commence fort sur // avec… une intro style piano bar… suivi d’un bon riff style hip-hop… avant d’envoyer les gros riffs bien lourds et groovys à mi-chemin entre du Emmure et Stray From The Path. Ca tombe, Drew, chanteur de SFTP, est justement en vocal-guest sur ce premier titre et le mélange de sa voix avec celle de Jack fait un malheur ! En 3’15’’, Void Of Vision viennent de capter toute notre attention pour la suite de cet album ! Avec Blacklist, la tension monte d’un cran entre two-steps et breakdowns qui feront mouliner et headbanger autant que possible, même avec ce court passage en voix claire pas du tout dérangeant car reste dans l’esprit malsain de cette chanson. Les voix claires seront bien plus présentes dans Ctrl Freak où le mix cris / voix claires rappellent leurs aînés de The Amity Affliction. On aurait pu s’inquiéter après cette chanson de voir l’arrivée de trop de passages en voix claire mais ce ne sera finalement pas le cas. The Hills a plusieurs passages mid-tempo qui auraient pu mettre de côté les cris mais il n’en est rien, bien au contraire. Il faudra attendre le neuvième piste, Sunrise, pour retrouver des douces voix claires.

Après un In Black And White trop monotone, on a droit à la chanson la plus courte de ce disque : As Above, So Below avec ses 122 secondes. Alors qu’on aurait pu croire à un morceau en mode rouleau-compresseur simple et direct, on se retrouve avec un morceau varié et complet offrant tour à tour un gros riff pour ouvrir le pit puis une surprenante envolée mélodique où des chœurs n’auraient pas été dérangeants et enfin un breakdown djent ô possible. Void Of Vision nous offrent ensuite un triplé Wallow / Under Skin / Sunrise bien construit : Wallow et son groove à la Veil Of Maya finissent sur un splendide instrumental et solo de guitare qui nous dirige lentement mais sûrement vers Under Skin, intermède 100% instrumental qui permet de faire un break après 6 pistes où on s’imagine mosher et dont les douces notes nous introduisent Sunrise, le morceau le plus mélodique et le moins sombre de ce premier full length. Comme on le disait précédemment, on a ici droit à quelques voix claire dans le final. Pour clôturer l’album, Red Hand avec ses effets qui feront plaisirs aux guitaristes et Fair Weather et son style à la Burning Down Alaska remplissent leur rôle à merveille. Dommage simplement qu’il y ait ses voix claires inutiles en arrière-plan.

Au final, dure à croire que c’est seulement leur premier disque et que le groupe existe depuis à peine 3 ans. Depuis le 5 avril pour être exact. Sans révolutionner le style, les Australiens arrivent à ajouter leur petite touche personnelle par-ci, par-là. Le talent, ils l’ont. La puissant, ils en ont à revendre. Ils ne leur manquent plus qu’à prendre de la bouteille et approfondir leur personnalité pour se démarquer un peu plus d’une scène surchargée. Une des belles surprises de cet automne !